Qu’est-ce que BRCGS Storage and Distribution, et qui le demande ?
BRCGS Storage and Distribution est le référentiel BRCGS des opérations logistiques : stockage, distribution et transport d’aliments, d’emballages et de produits de consommation. La version en vigueur est l’Issue 4. Le certificat est délivré par un organisme de certification agréé par BRCGS, jamais par un consultant.
Selon la page officielle BRCGS et le guide de certification Storage and Distribution, le référentiel vaut à n’importe quel point de la chaîne, de la production primaire au commerce de détail, et le site peut certifier tout le périmètre ou seulement ce qu’il fait : stockage seul, distribution seule, transport seul. Le texte est gratuit sur la boutique BRCGS, et les sites certifiés figurent dans le BRCGS Directory, consulté par les marques et les distributeurs.
Au Maroc et en Afrique, la demande vient presque toujours du client du prestataire : un distributeur européen, un industriel qui doit qualifier l’entrepôt à qui il confie ses produits finis, un exportateur de produits de la mer ou de fruits et légumes qui passe par le froid avant l’embarquement. Les profils sont concrets : un entrepôt frigorifique de la zone logistique de Tanger Med qui consolide des conteneurs pour l’Europe, une plateforme ambiante en périphérie de Casablanca, un prestataire portuaire d’Agadir qui stocke des produits de la mer congelés.
Quelles activités entrent dans le périmètre Storage and Distribution ?
Le stockage, la distribution et le transport, sans transformation. Quelques opérations sont admises dans des sections dédiées ; les autres activités annexes passent par des modules volontaires.
Activité du site | Couverte par Storage and Distribution Issue 4 ? | Point d’attention |
|---|---|---|
Stockage sous froid positif ou négatif de produits emballés | Oui | Chaîne du froid, alarmes, contrôles hors des heures ouvrées |
Stockage ambiant, préparation de commandes, distribution | Oui | Rotation, intégrité des emballages, produits non conformes |
Transport seul, sans entrepôt | Oui, périmètre « transport seul » | Une position officielle BRCGS autorise ces sites à utiliser le logo Storage and Distribution |
Manipulation de produits nus, par exemple des caisses ouvertes de fruits et légumes | Oui, avec les exigences de la section 9 | Lavage des mains, coiffes, évaluation des risques |
Réfrigération, congélation, tempérage, décongélation, haute pression ou irradiation à façon de produits préemballés | Oui, section 17 | Spécifications du propriétaire, paramètres surveillés, alarmes |
Transformation, même minime | Non | Elle relève d’un référentiel de fabrication |
E-commerce, cross-docking, commerce de gros, conditionnement à façon, inspection, gestion des déchets | Par modules volontaires | Voir la section suivante |
La frontière avec la transformation est stricte. Le document officiel de positions SD404 rappelle que toute transformation, même minime, est exclue du périmètre, parce que de petits changements de procédé peuvent modifier la sécurité d’un aliment. Seul un parage de fruits et légumes frais à visée purement esthétique a pu être maintenu, par dérogation et pour les seuls sites déjà certifiés en Issue 3.
Quels sont les modules volontaires de Storage and Distribution ?
BRCGS cite six modules : e-commerce, cross-docking, commerce de gros, conditionnement à façon, inspection et gestion des déchets. Ils s’ajoutent au référentiel quand l’activité ou le client l’exige.
Module (intitulé BRCGS) | Situation typique |
|---|---|
E-commerce | Un entrepôt qui prépare des commandes de vente en ligne pour un distributeur |
Cross-docking | Une plateforme qui fait transiter des palettes par des quais tiers sans les stocker |
Commerce de gros (wholesale) | Un grossiste qui achète et revend des produits de marque |
Conditionnement à façon (contracted packing) | Un prestataire qui conditionne des produits déjà emballés pour un client |
Inspection | Un entrepôt chargé de contrôles à réception pour le compte du propriétaire des produits |
Gestion des déchets (waste management) | Un site qui gère les produits déclassés, les retours et leur élimination |
Selon BRCGS, un module évite un audit séparé (par exemple un audit de seconde partie) ou répond à une exigence propre à un client ou à un pays. Le site prévient son organisme de certification avant le prochain audit ; le module est audité en même temps que le référentiel, ce qui peut allonger l’audit, y compris quand celui-ci est non annoncé. Il est évalué en conforme ou non conforme, et ses non-conformités ne pèsent pas sur le grade du site.
Deux modules ont fait l’objet de précisions officielles. En cross-docking, chaque plateforme a son propre rapport ; si elle échoue, elle seule est réauditée et le certificat est réémis sans le module. En commerce de gros, une position de 2021 impose un plan d’évaluation de la vulnérabilité des fournisseurs à la fraude, revu au moins une fois par an.
Pour les quatre autres modules, l’outil d’autoévaluation officiel SD401 (en anglais) résume les attentes :
- E-commerce : vente en ligne de produits finis à des entreprises ou au consommateur, depuis des entrepôts sous le contrôle direct du site ; contrat formel avec chaque client, emballage d’expédition testé et validé, traçabilité testée au moins une fois par an et obtenue en 4 heures. Les réseaux de messagerie, de colis ou de palettes ne sont couverts que pour le dernier kilomètre, sous contrat et avec un suivi de leurs performances.
- Conditionnement à façon (reconditionnement, assemblage, étiquetage de produits emballés) : analyse des risques de l’opération, contrôle des emballages et des codes (dates, lots, poids) au démarrage, pendant et à la fin de chaque série, vérification des systèmes de vision et des trieuses pondérales, traçabilité complète des composants.
- Inspection des produits : service défini avec le client (critères de tri, taux d’échantillonnage, sort des produits refusés), revue du contrat avant d’accepter le travail, analyse des risques pour les autres produits, équipements étalonnés et enregistrements de l’activité.
- Gestion des déchets (récupération et recyclage) : types de matériaux définis et connus du chauffeur, réception séparée des zones de produits, règles de séparation et de nettoyage des véhicules, stockage qui n’attire pas les nuisibles, respect des exigences légales d’élimination.
Pour tout service à façon, le contrat client, l’intégration à l’analyse des dangers, des procédures écrites et la formation du personnel s’appliquent en plus.
Comment l’audit Storage and Distribution est-il noté ?
L’audit donne un grade, de AA à D, qui dépend du nombre et de la gravité des non-conformités. Un audit non annoncé ajoute un « + » au grade (AA+, A+…), selon le protocole BRCGS079. Le grade fixe la durée du certificat, donc le rythme des audits.
Résultat | Effet |
|---|---|
Grades AA, A ou B (et leurs « + ») | Certificat valable 12 mois au plus (règle étendue le 1er février 2023 aux sites qui ne manipulent que des produits de consommation) |
Grades C ou D (et leurs « + ») | Certificat valable 6 mois au plus |
Non-conformités | Action corrective, analyse des causes et action préventive, clôture dans les 28 jours suivant l’audit |
Certification | Certificat émis au plus tard 42 jours calendaires après le premier jour d’audit |
Trop de non-conformités | Pas de certificat ; nouvel audit complet, au plus tôt 28 jours calendaires après le dernier |
Ces règles viennent du guide de certification, des positions officielles SD404 et du protocole BRCGS079. La durée de l’audit se calcule avec le calculateur officiel BRCGS, selon la taille du site et son périmètre. Le barème qui relie le nombre de non-conformités critiques, majeures et mineures à chaque grade figure dans le protocole d’audit du référentiel, que l’organisme de certification applique ; le rapport indique le grade obtenu et les non-conformités qui le justifient.
Autre règle à connaître : un site ne peut pas changer d’organisme de certification dans les quatre mois qui précèdent la date de réaudit, sauf accord écrit de BRCGS.
Audit annoncé, mixte ou non annoncé : quels programmes ?
Storage and Distribution Issue 4 propose un programme annoncé, un programme mixte annoncé et un programme non annoncé en deux options. Quel que soit le programme, au moins un audit tous les trois ans est non annoncé.
Programme | Déroulé | À retenir |
|---|---|---|
Annoncé | Date convenue avec l’organisme ; audit complet sur site | L’audit non annoncé obligatoire, au moins une fois tous les trois ans, s’y ajoute |
Mixte annoncé (blended) | Revue documentaire à distance par outils numériques, puis audit sur site dans les 28 jours | Réservé aux audits de recertification : jamais pour un premier audit |
Non annoncé, option 1 | Audit entièrement non annoncé, en une seule visite | Jusqu’à 10 jours d’indisponibilité déclarables à l’avance, 5 pour un site audité tous les six mois |
Non annoncé, option 2 | Une partie non annoncée sur site et un audit des systèmes annoncé | L’audit annoncé se tient dans la fenêtre de 28 jours fixée par le protocole |
Le procédé mixte est décrit dans la procédure BRCGS080 : pour Storage and Distribution, un code couleur du référentiel distingue les exigences vérifiables à distance de celles qui se vérifient sur le terrain.
L’audit non annoncé obligatoire, mode d’emploi
L’obligation s’applique aux audits Storage and Distribution Issue 4 depuis le 1er mai 2021. Le premier audit d’un site est annoncé, sauf s’il demande lui-même un audit non annoncé. Ensuite, le calendrier suit des règles précises :
- dans les trois mois qui suivent un audit, l’organisme de certification vous indique l’année de l’audit non annoncé, jamais sa date ;
- l’audit peut avoir lieu à tout moment des quatre derniers mois du cycle, y compris les 28 jours calendaires qui précèdent la date d’échéance ;
- le contrat avec l’organisme doit être signé avant l’ouverture de la fenêtre, et l’organisme informé des arrêts prévus ; à défaut, le certificat peut expirer et une non-conformité majeure est attribuée ;
- dans le programme non annoncé volontaire, refuser l’accès à l’auditeur fait revenir le site au programme annoncé, à ses frais, et peut coûter le certificat ;
- un site certifié à la fois Food Safety et Storage and Distribution a intérêt à regrouper les deux audits ; s’ils restent séparés, les deux doivent être non annoncés.
Ce que reconnaît la GFSI
La page officielle de la GFSI, consultée le 4 novembre 2026, liste Storage and Distribution Issue 4 pour le périmètre G (stockage et distribution), avec les seuls programmes annoncé, non annoncé (options 1 et 2) et mixte annoncé. La même Issue 4 figure parmi les programmes en cours de benchmarking selon la version 2024 des exigences GFSI. La version 8 des positions SD404, applicable depuis le 10 août 2026, l’aligne sur ces exigences.
Qu’a changé la mise à jour du 10 août 2026 ?
Neuf nouvelles positions officielles modifient dix clauses : sept pour aligner le référentiel sur les exigences GFSI 2024, deux après revue par le comité technique Storage and Distribution de BRCGS. Elles s’appliquent depuis le 10 août 2026 : un système documenté avant cette date doit être relu.
Clause | Ce que demande la clause mise à jour | Conséquence pour un entrepôt |
|---|---|---|
1.3.2 Rôles et responsabilités | Tout le personnel, intérimaires compris, connaît ses responsabilités et accède à la documentation | L’auditeur interroge aussi les caristes et les intérimaires |
2.1 Programmes prérequis | Mesures documentées, vérifiées, intégrées à l’analyse des dangers ; liste élargie (plan allergènes, chaîne du froid, sous-traitants, activités des modules) | Chaque programme prérequis est vérifié, selon le risque |
3.5.1.2 et 3.5.2.1 Fournisseurs et sous-traitants | Contrats ou spécifications écrits, signés par les deux parties ; exigences de manutention, de température, de sécurité, de séparation et de type de véhicule | Un transporteur sans contrat devient un écart |
3.5.3.1 Vulnérabilité à la fraude | Plan d’évaluation des clients pour qui le site stocke, conduit par une équipe qui comprend la fraude et les principes de l’évaluation | Compétence à démontrer |
4.2.1 Évaluation des menaces | Revue au moins annuelle et après tout incident ; compétence en défense des produits | Le plan food defense est revu au moins chaque année |
6.1 Équipements | Équipements adaptés à l’usage, rangés propres, sans abriter de nuisibles | Engins mobiles cantonnés à des zones définies, surtout autour des produits nus |
6.4.5 Matériel de nettoyage | Conçu pour l’hygiène, identifié (code couleur ou étiquetage), rangé sans contact avec le sol | Un balai qui perd ses fibres n’est pas adapté |
Section 17 | Ajout de l’irradiation aux opérations à façon | Périmètre à mettre à jour si l’activité existe |
17.3 Paramètres de procédé | Enregistrement relié à une alarme, ou contrôles manuels à une fréquence qui permet d’intervenir à temps | Enregistrements conservés pendant la durée de vie du produit plus un an |
Pour les opérations à façon de la section 17, l’interprétation de la clause 17.3 donne un repère utile à tout responsable de chambre froide : sans enregistrement automatique, les contrôles manuels continuent pendant les périodes non travaillées, week-ends et jours fériés compris, en principe toutes les deux heures en réfrigéré et toutes les quatre heures en surgelé, sauf justification ; la fréquence peut baisser quand les portes restent fermées, la nuit par exemple.
BRCGS Storage and Distribution ou IFS Logistics : lequel choisir ?
Votre client choisit en premier. Les deux référentiels couvrent le stockage et le transport, sont listés par la GFSI pour le périmètre G et partagent un socle : analyse des dangers, programmes prérequis, traçabilité, fraude, défense des produits. Leurs logiques d’audit et de notation diffèrent.
Critère | BRCGS Storage and Distribution | IFS Logistics |
|---|---|---|
Version auditée | Issue 4 | Version 3, publiée en décembre 2023, obligatoire depuis le 1er décembre 2024 selon IFS |
Produits | Aliments, emballages, produits de consommation | Produits alimentaires et non alimentaires |
Activités | Stockage, distribution, transport, de la production primaire au détail | Transport par camion, train, bateau ou avion, stockage sous température dirigée ou ambiante, chargement, déchargement, manutention, distribution |
Services en plus du stockage | Six modules volontaires ; sections pour les produits nus et pour les opérations à façon (froid, haute pression, irradiation) | Services logistiques de transformation limités : congélation et décongélation, mûrissage et tri simple de fruits et légumes, conditionnement de produits préemballés, étiquetage |
Résultat de l’audit | Un grade, de AA à D | Une note en pourcentage : niveau de base de 75 % à moins de 95 %, niveau supérieur à 95 % et plus ; six exigences KO |
Audit non annoncé | Au moins un tous les trois ans ; options 1 et 2 ; fenêtre de quatre mois | Au moins un audit sur trois ; fenêtre de 16 semaines avant à 2 semaines après la date anniversaire ; statut IFS Star |
Validité du certificat | 12 mois au plus, 6 mois pour les grades C et D | 12 mois |
GFSI (page consultée le 4 novembre 2026) | Issue 4 listée, programmes annoncé, non annoncé (options 1 et 2) et mixte annoncé | Version 2.3 listée ; version 3 en benchmarking selon la version 2024 |
Notre page |
Le référentiel IFS Logistics version 3 définit ses six exigences KO : gouvernance et engagement (1.2.1), système de management de la sécurité des produits (2.2.1.1), surveillance de chaque CCP (2.2.3.6), accords avec les clients (4.1.3), audits internes (5.1.1) et actions correctives (5.9.2). Une seule exigence KO notée D, plus d’une non-conformité majeure ou une note inférieure à 75 % bloquent le certificat ; une non-conformité majeure unique impose un audit complémentaire dans les six mois, et le certificat est alors de niveau de base. IFS indique aussi qu’un audit IFS Logistics peut être combiné avec d’autres audits IFS.
Comment départager ?
- Le cahier des charges du client. S’il nomme un référentiel, il n’y a pas d’équivalence. BRCGS est très présent chez les distributeurs britanniques ; IFS est fréquent chez les distributeurs allemands et français.
- Les certifications du groupe. Un entrepôt rattaché à une usine certifiée BRCGS Food Safety Issue 9 ou IFS Food version 8 gagne à rester dans la même famille.
- Les services rendus. Mûrissage et tri simple de fruits et légumes relèvent d’IFS Logistics ; cross-docking, e-commerce et gestion des déchets, des modules BRCGS. IFS Logistics cite aussi le fret aérien et le parc à conteneurs.
D’autres programmes couvrent aussi le périmètre G selon la GFSI, dont FSSC 22000, SQF, PrimusGFS et la norme Supply Chain de Freshcare. Notre comparatif des référentiels GFSI les situe tous. Un entrepôt qui vise une architecture ISO peut regarder FSSC 22000, qui prévoit une catégorie pour le transport et le stockage.
Votre entrepôt est-il prêt pour l’audit ?
Vérifiez ces points avec votre directeur d’exploitation avant de réserver une date.
Si plus de trois cases restent vides, commencez par un diagnostic plutôt que par une date d’audit.
Quel lien avec l’ONSSA et les autres certifications ?
La certification logistique s’ajoute à la réglementation, elle ne la remplace pas. Au Maroc, la page de l’ONSSA rappelle que les établissements et les entreprises du secteur alimentaire doivent être agréés ou autorisés sur le plan sanitaire, en application de la loi 28-07 et du décret 2-10-473. Le certificat ne dispense pas d’un agrément ou d’une autorisation à jour.
La logistique prolonge aussi les certifications de vos clients, qui exigent que leurs produits restent maîtrisés jusqu’au quai. Pour une station de fruits et légumes, voyez notre page GLOBALG.A.P., SQF et PrimusGFS ; pour l’état des versions BRCGS, notre article BRCGS : les référentiels en vigueur et ce que prépare l’Issue 10 ; pour qualifier un prestataire logistique comme acheteur, nos audits et inspections, dont les audits fournisseurs de seconde partie.