Quel référentiel pour quel organisme d’évaluation de la conformité ?
Celui qui correspond à ce que vous remettez à votre client : un résultat de mesure, un jugement de conformité ou un certificat. Le SEMAC accrédite chacun selon une norme différente, et un même organisme peut en cumuler plusieurs.
Organisme | Ce qu’il remet au client | Norme d’accréditation au Maroc | Notre page |
|---|---|---|---|
Laboratoire d’essais ou d’analyses (matériaux de construction, chimie, agroalimentaire, textile) | Rapport d’essai | NM ISO/IEC 17025:2018, reprise d’ISO/IEC 17025:2017 | |
Laboratoire d’étalonnage | Certificat d’étalonnage avec incertitude | NM ISO/IEC 17025:2018 | |
Laboratoire de biologie médicale | Compte rendu d’analyses médicales | NM ISO 15189 | |
Organisme ou service d’inspection | Rapport ou certificat d’inspection | NM ISO/IEC 17020, en transition vers ISO/IEC 17020:2026 | |
Organisme de certification | Certificat de système ou de produit | NM ISO/IEC 17021-1 ou NM ISO/IEC 17065 |
Deux confusions reviennent. La certification ISO 9001:2026 d’un laboratoire atteste son système de management, pas sa compétence technique sur un essai : un client qui veut des résultats fiables demande l’accréditation (voir certification ISO 9001). Et un centre technique qui inspecte une installation puis réalise les essais associés relève des deux normes : un seul système documentaire peut alors servir aux deux accréditations.
Comment se déroule une accréditation avec le SEMAC ?
Selon les mêmes procédures pour les laboratoires, les organismes d’inspection et les organismes de certification : la procédure A 110.03 pour la décision et le suivi, la procédure A 120.03 pour l’évaluation. Le ministère de l’Industrie et du Commerce définit l’accréditation comme la reconnaissance formelle de la compétence et de l’impartialité d’un organisme d’évaluation de la conformité pour des prestations précises.
Quatre repères structurent un projet :
- La recevabilité. Le SEMAC ne prend en compte la candidature qu’avec un dossier complet ; le demandeur dispose d’un mois pour le compléter, puis la décision de recevabilité tombe dans les cinq jours ouvrables.
- L’évaluation initiale. Après une pré-évaluation facultative d’une journée au plus, l’équipe évalue le système et la portée. Les écarts appellent une analyse des causes sous deux semaines, puis des preuves de mise en œuvre sous deux mois au plus.
- La décision. Elle est prise par le chef du SEMAC sur avis d’une commission d’accréditation ; le certificat, signé par le ministre, mentionne la version du référentiel, la portée et la date d’expiration.
- La surveillance. Première évaluation au plus tard douze mois après la décision, puis tous les quinze mois, sans dépasser vingt-quatre mois entre deux évaluations ; renouvellement au moins six mois avant l’expiration. Une non-conformité de surveillance non levée en six semaines peut conduire à une suspension.
Pour un laboratoire, le dossier pièce par pièce, la portée, la traçabilité métrologique et les incertitudes sont détaillés sur notre page accréditation ISO/IEC 17025. Pour un organisme d’inspection, voir ISO/IEC 17020.
Un résultat accrédité par le SEMAC est-il reconnu à l’étranger ?
Pas automatiquement : cela dépend des accords de reconnaissance et de ce que votre client accepte. Depuis le 1er janvier 2026, la reconnaissance internationale de l’accréditation passe par Global ACI, qui a repris les rôles de l’IAF et d’ILAC et administre un arrangement multilatéral de reconnaissance (MRA). Selon sa foire aux questions, les documents IAF et ILAC restent utilisés tant que leurs équivalents Global ACI ne sont pas adoptés.
Au 6 novembre 2026, la page des membres associés de Global ACI cite pour le Maroc le « Moroccan Accreditation Service ». Global ACI y définit les membres associés comme des organismes d’accréditation qui n’ont pas encore été acceptés comme signataires du MRA. C’est cohérent avec le document A 410 du SEMAC (février 2023), qui décrit son adhésion à ILAC, à l’IAF et à l’ARAC, la coopération arabe pour l’accréditation, en tant que membre associé.
Ce document décrit la situation de février 2023 : si votre client export s’appuie sur l’arrangement de l’ARAC, vérifiez auprès du SEMAC son statut actuel.
En pratique :
- faites écrire par votre client export quelle accréditation il accepte, avant d’engager le projet ;
- distinguez ce que vous pouvez affirmer (« accrédité par le SEMAC pour telle portée ») de ce que vous ne pouvez pas promettre (une reconnaissance automatique hors du Maroc) ;
- pour un exportateur agroalimentaire qui choisit un laboratoire, la question se pose dès le cahier des charges : voir le secteur agroalimentaire.
Comment démontrer son impartialité ?
Par une analyse écrite des risques, tenue à jour, et par des mesures qui traitent chaque risque identifié. L’organigramme ne suffit plus.
Pour les organismes d’inspection, c’est le cœur de la révision. Selon le Singapore Accreditation Council, ISO/IEC 17020:2026 remplace les types A, B et C par une approche à deux catégories, type A et type non-A, et son chapitre 4 exige d’identifier, de documenter et de surveiller en continu les risques pour l’impartialité. La liste SEMAC des organismes d’inspection accrédités d’octobre 2026 indique encore les types de l’édition 2012 (A, C ou A/C).
Situation à risque | Exemple | Mesure type |
|---|---|---|
Pression commerciale | Un client important conteste un résultat défavorable | Signataires désignés, libération des rapports hors du service commercial |
Autocontrôle | Le laboratoire d’une usine analyse aussi pour des tiers | Rattachement hiérarchique, règles d’accès aux résultats, engagements écrits |
Auto-évaluation | L’inspecteur contrôle une installation qu’il a conçue ou conseillée | Récusation, rotation des inspecteurs, registre des liens d’intérêt |
Dépendance financière | Une part dominante du chiffre d’affaires vient d’un seul client | Suivi en revue de direction, comité ou personne indépendante |
Le même raisonnement s’applique au laboratoire intégré d’un groupe qui étalonne pour ses filiales. Prenons un centre technique de Casablanca qui inspecte des équipements industriels et vend aussi de la formation : l’analyse doit montrer que ses formations ne créent pas de lien qui fausse ses inspections.
Essais d’aptitude et comparaisons interlaboratoires : que demande le SEMAC ?
Une participation planifiée, couvrant chaque domaine technique de la portée, et une exploitation réelle des résultats. La politique A 006.01 du SEMAC fixe les règles :
- avant toute accréditation initiale, au moins une comparaison interlaboratoires dans un des domaines techniques principaux de la portée demandée, condition de recevabilité de la demande ;
- au cours de chaque cycle d’accréditation, au moins une comparaison dans chacun des domaines techniques principaux accrédités ;
- un plan de participation écrit, revu lors des changements de méthode, d’équipement ou de personnel, avec une fréquence issue d’une analyse des besoins ;
- une participation préalable pour toute extension à un nouveau domaine ou à une méthode non normalisée validée par le laboratoire ;
- en cas de résultat insatisfaisant, l’analyse des causes et des conséquences sur les résultats déjà rendus, jusqu’à l’arrêt des travaux ou le rappel des rapports si nécessaire ;
- sans actions correctives efficaces dans les trois mois suivant l’évaluation, une évaluation supplémentaire ou, dans les cas extrêmes, la suspension de l’accréditation pour le domaine concerné.
Le choix de l’organisateur compte : la politique recommande un organisateur accrédité selon ISO/IEC 17043 ou, à défaut, une comparaison avec au moins trois laboratoires accrédités ; pour l’étalonnage, les autres participants doivent avoir une incertitude meilleure ou équivalente. Elle renvoie à la base EPTIS pour trouver un programme. Quand aucun programme n’existe, le laboratoire recourt aux matériaux de référence, à la corrélation avec d’autres laboratoires ou à la répétition des essais par des méthodes équivalentes.
La version publiée de cette politique date de septembre 2012 et renvoie encore à l’édition 2005 d’ISO/IEC 17025 : vérifiez auprès du SEMAC la version en vigueur avant de bâtir votre plan de participation.
ISO/IEC 17020:2026 : que doivent préparer les organismes d’inspection ?
Une analyse d’écarts, un plan de transition et un nouveau raisonnement sur l’impartialité, avant le 31 mars 2029. La norme, publiée le 27 mars 2026, s’intitule désormais « Requirements for bodies performing inspections ». Selon le Singapore Accreditation Council, elle introduit aussi une approche par les risques sur les processus d’inspection et sur la validité des résultats, au-delà de la seule impartialité.
Les organismes d’accréditation ne retiennent pas tous le même jour : le Singapore Accreditation Council fixe la fin de transition au 27 mars 2029. Visez la date la plus proche et confirmez avec le SEMAC son propre calendrier de transition.
Le détail des changements et notre méthode de transition sont sur la page ISO/IEC 17020:2026 et organismes d’inspection. Les organismes d’inspection du BTP trouveront aussi leurs enjeux dans le secteur BTP et infrastructures.
Vous confiez vos analyses à un laboratoire externe : que vérifier ?
Que l’accréditation couvre exactement ce que vous achetez. La liste SEMAC des laboratoires accrédités (révision de septembre 2026) donne pour chaque laboratoire son état, sa date d’expiration et la référence de sa portée.