Que certifie GLOBALG.A.P. IFA v6, et quels exportateurs sont concernés ?
IFA v6 certifie les pratiques d’une exploitation, des activités avant récolte jusqu’à la manutention après récolte. Le certificat est délivré pour le périmètre « IFA for plants », liste les produits un à un et vaut un an. Il concerne tout exportateur de fruits et légumes frais dont l’acheteur le demande, de la serre de tomates de Chtouka-Aït Baha au verger d’agrumes du Souss.
Selon la page IFA fruits et légumes de GLOBALG.A.P., la conformité est auditée chaque année par un organisme de certification accrédité et indépendant, choisi par le producteur parmi les organismes approuvés par GLOBALG.A.P. et actifs dans le pays. Seuls les produits de la liste publiée par GLOBALG.A.P. peuvent être enregistrés.
Pour un exportateur de fruits et légumes d’Agadir, trois situations reviennent :
- L’exportateur qui produit lui-même sur une ou plusieurs fermes : il vise une certification individuelle, sur un site ou en multisite.
- L’exportateur qui achète à des petits producteurs : soit il les fait entrer dans un groupement certifié, soit il achète à des producteurs déjà certifiés et vérifie l’édition et le périmètre de chaque certificat.
- L’exportateur qui conditionne dans sa propre station : la station est une unité de manutention (PHU, product handling unit) inscrite dans le périmètre, et elle peut détenir en plus un certificat d’usine.
Ce dernier cas mérite une précision. Selon la lettre technique d’avril 2025, si la station détient déjà une certification post-récolte reconnue par la GFSI pour le périmètre BIII, l’auditeur GLOBALG.A.P. contrôle au minimum la ségrégation, la traçabilité, les traitements après récolte et une liste de chapitres fixée par GLOBALG.A.P., dont la santé et la sécurité des travailleurs et les produits phytopharmaceutiques. Il peut réauditer le reste en cas de doute. Un certificat BRCGS ou IFS de la station allège donc l’audit, sans le supprimer.
Le hub GLOBALG.A.P., SQF et PrimusGFS montre quel référentiel convient à chaque maillon, de la parcelle à l’entrepôt. Ce guide détaille les règles d’IFA v6 elle-même.
Smart ou GFS : qu’est-ce qui change concrètement dans les règles ?
Le périmètre est le même ; les règles générales diffèrent. GLOBALG.A.P. présente les deux éditions comme parallèles et également valables : Smart convient à la majorité des producteurs, GFS est conçue pour ceux qui ont besoin de la reconnaissance GFSI. L’édition se choisit donc avec l’acheteur, puis on en applique les règles.
IFA v6 a été publiée en avril 2022. L’édition Smart a remplacé la version 5.2 le 1er janvier 2024 ; l’édition GFS a remplacé la version 5.4-1-GFS le 1er janvier 2025, après sa reconnaissance par la GFSI. Le tableau compare les règles que nous avons lues dans les règles générales pour les producteurs individuels et dans celles des groupements et multisites avec SMQ, version 6.0 de septembre 2022.
Règle | IFA v6 Smart | IFA v6 GFS |
|---|---|---|
Reconnaissance GFSI | Non listée par la GFSI | IFA GFS fruits et légumes v6.0 reconnue depuis le 6 août 2024 (périmètres BI et BIII) ; version 6.1 en benchmarking selon la version 2024 |
Audit non annoncé, producteur individuel | 10 % de chances pour les audits suivants ; préavis de 48 heures au plus | 10 % de chances ; aucun préavis |
Audit non annoncé du SMQ d’un groupement | 10 % au moins des audits annuels ; préavis de 48 heures au plus | 10 % au moins ; aucun préavis |
Échantillon des membres d’un groupement | Au moins la racine carrée du nombre de membres, choisis sur la base du risque | Idem, avec au moins 25 % de l’échantillon tiré au hasard |
Membres et unités de manutention à haut risque | Pas de règle propre | Pas d’échantillonnage : chacun est audité chaque année |
Membres audités sans annonce | Pas de règle propre | Au moins 20 % des membres audités pendant le cycle, sans notification |
Système de management du groupement | Exigences du SMQ | En plus : revue de direction annuelle, déclaration de politique de sécurité des aliments signée chaque année |
Prolongation de validité du certificat | Selon les règles générales | Quatre mois au plus, pour trois motifs seulement |
La notion de haut risque est propre à l’édition GFS et pèse lourd pour certaines filières marocaines. Un membre ou une station est classé à haut risque quand un produit à haut risque se combine avec un procédé à haut risque. Les règles citent comme produits à haut risque les herbes fraîches, les salades, les baies (berries) et le melon cantaloup, la liste à jour étant celle des produits marqués « HR » dans la liste de produits GLOBALG.A.P. ; les procédés sont l’usage d’eau, de glace ou de vapeur après récolte, l’eau en contact avec la partie comestible avant ou pendant la récolte, et le fumier brut épandu moins de 60 jours avant la récolte. Dans un groupement de myrtilles, une station qui lave les fruits est donc auditée chaque année, comme chaque membre qui irrigue par aspersion au-dessus des plants.
Si un acheteur écrit seulement « GLOBALG.A.P. », demandez-lui l’édition par écrit. Une station certifiée BRCGS ou IFS qui achète vos fruits peut aussi avoir son avis : selon GLOBALG.A.P., l’édition GFS est acceptée par ces stations, et l’édition Smart peut l’être avec des exigences complémentaires de leur part.
Quelle option de certification : individuelle, multisite ou groupement ?
Celle qui correspond à la structure juridique réelle de la production. Le choix de l’option ne change pas les points de contrôle de l’exploitation ; il change qui porte le certificat, qui contrôle qui, et combien de sites l’organisme visite.
Option | Titulaire du certificat | Contrôle interne | Audit de l’organisme |
|---|---|---|---|
Option 1, site unique | Le producteur, entité juridique unique | Auto-évaluation annuelle de tout le périmètre avant l’audit | Tout le périmètre, chaque année |
Option 1, multisite sans SMQ | Le producteur | Auto-évaluation couvrant tous les sites | Tous les sites enregistrés |
Option 1, multisite avec SMQ | Le producteur | Audit interne du SMQ et audit interne de chaque site, chaque année | Audit du SMQ et d’un échantillon d’au moins la racine carrée des sites |
Option 2, groupement de producteurs | Le groupement, seul titulaire ; membres listés en annexe | Audit interne du SMQ et audit interne de chaque membre, avant le premier audit puis chaque année | Audit du SMQ et d’un échantillon d’au moins la racine carrée des membres |
Les options 3 et 4 sont leurs équivalents pour un référentiel étalonné sur GLOBALG.A.P. ; elles ne concernent que les producteurs qui suivent un tel référentiel.
Ce que l’option 2 exige du groupement
La lettre technique de novembre 2024 définit le groupement comme au moins trois producteurs organisés sous un système de management de la qualité (SMQ) ; l’entité juridique qui gère ce SMQ est le seul titulaire du certificat. Les règles générales des groupements y ajoutent des obligations concrètes :
- un contrat écrit avec chaque membre : engagement à respecter le référentiel et les procédures du groupement, sanctions prévues ;
- un registre interne des membres, de leurs parcelles, de leurs produits et de leur statut après le dernier audit interne ;
- un responsable du SMQ et des auditeurs internes formés, indépendants des membres qu’ils contrôlent ;
- un audit interne de chaque membre au moins une fois par an, sur tous les points de contrôle, registre des traitements vérifié sur l’exploitation ;
- un bilan matière au moins annuel par produit, et une procédure de retrait testée chaque année ;
- un système de sanctions appliqué à tous les membres.
Un membre ne peut pas vendre en son nom propre en se prévalant du certificat du groupement, et ce qu’il vend sans référence au certificat doit figurer dans le bilan matière du groupement. Pour une coopérative d’agrumes de la région de Taroudant dont les adhérents vendent aussi sur le marché local, ce suivi s’organise dès le départ.
Faut-il ajouter GRASP, et qu’est-ce que cela change au Maroc ?
Si l’acheteur le demande, oui. GRASP, l’évaluation des pratiques sociales de GLOBALG.A.P., est en général volontaire ; elle est obligatoire pour l’aquaculture et pour les producteurs du label GGN, et certains acheteurs l’exigent. Selon la page GRASP, la version 2, publiée en septembre 2022, se combine avec Smart comme avec GFS et donne une lettre de conformité valable un an, pas un certificat.
Trois règles ont un effet direct pour une exploitation marocaine :
- Le Maroc est classé à haut risque pour GRASP. La liste des pays à haut risque de GLOBALG.A.P., valable du 31 mai au 31 décembre 2026, cite le Maroc. Ce classement fixe la méthode de preuve : dans un pays à haut risque, les travailleurs doivent être présents sur l’exploitation le jour de l’évaluation, et le niveau de preuve exigé est plus élevé. Le classement repose sur les indicateurs de gouvernance que la Banque mondiale publie chaque année ; au 6 novembre 2026, la liste applicable en 2027 n’était pas encore publiée : vérifiez-la avant de planifier une évaluation en 2027.
- Une ligne directrice nationale existe. La lettre technique de novembre 2024 cite le Maroc parmi les pays où les organismes doivent appliquer la ligne directrice nationale d’interprétation de GRASP v2. Elle traduit les critères dans le cadre du droit du travail marocain ; quand deux règles s’appliquent, la plus protectrice pour les travailleurs l’emporte.
- Les prestataires de main-d’œuvre entrent dans l’évaluation. GRASP v2 s’applique à tout sous-traitant qui fournit de la main-d’œuvre pour les activités agricoles principales. Une équipe de récolte fournie par un prestataire du Souss-Massa est évaluée comme vos propres salariés.
Pour réussir, il faut satisfaire 100 % des exigences « Major Must » et au moins 70 % des « Minor Must » la première année, 75 % ensuite. L’évaluation se fait avec l’audit IFA, par le même organisme. En option 2, tous les membres certifiés IFA sont enregistrés pour GRASP, et l’échantillon évalué est le même que celui de l’audit IFA.
Les thèmes de GRASP v2 et les preuves à préparer sont détaillés sur notre hub GLOBALG.A.P.. Une dernière précision : selon GLOBALG.A.P., certains distributeurs jugent d’autres programmes sociaux comparables à GRASP. Si vous avez déjà un audit social, demandez à l’acheteur s’il l’accepte avant d’en ajouter un second.
Comment se déroule la certification, étape par étape ?
GLOBALG.A.P. résume le parcours en cinq étapes : télécharger les documents, mettre en œuvre les exigences, demander un audit à un organisme, passer l’audit, recevoir le certificat. Les règles générales fixent les délais et les conditions de chaque étape.
Étape | Ce qui se passe | Règle à connaître |
|---|---|---|
1. Enregistrement | Contrat avec l’organisme, acceptation du contrat de sous-licence, engagement à payer les frais GLOBALG.A.P. | Numéro GGN attribué dans les 28 jours suivant un dossier complet ; aucun audit avant l’enregistrement |
2. Mise en œuvre | Procédures, enregistrements, formation des équipes, saisonniers compris | Enregistrements depuis l’enregistrement, et sur au moins trois mois avant le premier audit |
3. Évaluation interne | Auto-évaluation (option 1) ou audits internes du SMQ et des membres (option 2) | Tout le périmètre, chaque année, avant l’audit de l’organisme |
4. Audit de l’organisme | Audit annoncé, sur la liste de contrôle complète ; possible en deux temps, revue documentaire à distance puis visite | La revue à distance a lieu au plus quatre semaines avant la visite et ne réduit pas la durée totale |
5. Décision | 100 % des « Major Must », 95 % des « Minor Must » ; 100 % des exigences du SMQ pour un groupement | Décision dans les 28 jours suivant la clôture des écarts ; certificat valable un an |
Quatre règles décident souvent du calendrier d’un exportateur :
- Pas de certification rétroactive. Les produits récoltés avant l’enregistrement ne peuvent pas être inclus.
- Pas de certification d’une production future. Un produit n’entre sur le certificat qu’après l’audit de tous les points applicables pendant sa production : l’audit tombe en pleine campagne.
- Trois mois pour clore les écarts du premier audit. Au-delà, un audit complet est refait avant tout certificat.
- Une fenêtre pour les audits suivants. L’audit de renouvellement peut avoir lieu à partir de quatre mois avant l’échéance du certificat, et jusqu’à quatre mois après si l’organisme prolonge sa validité.
Avant de réserver l’audit, vérifiez ces points :
La préparation sur le terrain, registre des traitements, eau et équipes de campagne, fait l’objet de notre checklist pour préparer une inspection GLOBALG.A.P. dans le Souss. Ce qui fait varier le budget et la durée est détaillé dans notre article sur le coût d’une certification GLOBALG.A.P..
Où se placent SQF Edition 10 et PrimusGFS par rapport à IFA v6 ?
En alternatives, quand un acheteur les nomme. SQF et PrimusGFS couvrent sous un même nom la ferme, la station, l’usine et l’entrepôt ; IFA v6 reste centrée sur l’exploitation et sa manutention.
- SQF. Selon la FAQ de SQFI, l’Edition 9 reste le seul programme SQF reconnu par la GFSI tant que l’Edition 10 ne l’est pas ; les audits Edition 10 sont attendus à partir de janvier 2027, sous réserve du benchmarking. L’Edition 10 a été publiée en mars 2026 et exige de chaque site un plan d’évaluation de la culture sécurité des aliments.
- PrimusGFS. La GFSI le reconnaît pour les cultures, la manipulation des produits végétaux, la transformation et le stockage. PrimusGFS v4.0 figure parmi les programmes en benchmarking selon la version 2024 : demandez à votre organisme quelle version sera auditée.
Le même benchmarking concerne IFA GFS fruits et légumes, soumise en version 6.1. Pour comparer ces programmes à BRCGS, IFS et FSSC 22000, lisez notre comparatif des référentiels GFSI. Pour voir comment un acheteur vérifie l’édition d’un certificat chez une station de tomates cerises, voyez notre cas type d’un importateur européen et de trois fournisseurs marocains.