Par où commencer pour préparer une inspection GLOBALG.A.P. ?
Par l’auto-évaluation, sur la liste de contrôle officielle de votre édition, Smart ou GFS. Selon les règles générales pour les producteurs individuels, elle est obligatoire chaque année, avant l’audit de l’organisme de certification, et couvre tous les sites, produits et procédés du périmètre, stations de conditionnement comprises.
Elle ne se remplit pas au bureau. Elle se fait sur le terrain, en pleine activité : serres, vergers, local phytosanitaire, station, sanitaires des équipes. Trois règles la rendent utile :
- Un commentaire de preuve pour chaque exigence non conforme ou non applicable, « Major Must » comme « Minor Must ». « Non applicable » sans justification est l’écart le plus facile à éviter.
- La liste remplie reste disponible sur place à tout moment. L’auditeur la consulte et la recoupe.
- Le calcul de conformité se fait avant l’audit. Il faut 100 % des « Major Must » et 95 % des « Minor Must ». Le nombre d’écarts admis se calcule sur les « Minor Must » applicables, arrondi à l’entier inférieur : avec 50 exigences applicables, 2,5 devient 2.
Dans un groupement de producteurs, l’auto-évaluation est remplacée par les audits internes de chaque membre et du système de management. Notre guide GLOBALG.A.P. IFA v6 détaille les options ; ce mode d’emploi vaut pour un producteur ou une station qui prépare son audit.
Nous citons ci-dessous les points de contrôle de l’édition GFS pour les fruits et légumes, version 6.0. Si vous visez l’édition Smart, vérifiez chaque point sur sa propre liste.
Quels enregistrements l’auditeur va-t-il demander ?
Ceux qui prouvent que le système a tourné sur la campagne en cours. Pour un premier audit, il faut des enregistrements depuis l’enregistrement auprès de l’organisme, et sur au moins trois mois ; ceux d’une récolte antérieure à l’enregistrement ne valent rien. Les points de contrôle IFA v6 demandent de les conserver au moins deux ans, ou plus si la loi l’exige.
Enregistrement | Ce qu’il prouve | Où l’auditeur le recoupe |
|---|---|---|
Registre des traitements phytopharmaceutiques | Culture, parcelle, dates, nom commercial et matière active, dose, matériel, cible, délai avant récolte, conditions météo | Local de stockage, factures, dates de récolte |
Registre des fertilisants et biostimulants | Produit, parcelle, date, quantité | Stock, plan de fertilisation |
Irrigation et fertirrigation | Volumes apportés par parcelle | Compteurs, autorisation de prélèvement |
Analyses d’eau et de résidus | Résultats et actions correctives | Évaluation des risques, rapports du laboratoire |
Traçabilité et bilan matière | Lien entre parcelle, date de récolte, lot expédié et client ; part certifiée et non certifiée | Bons de réception, palettes, factures |
Formation des équipes | Hygiène, santé et sécurité, saisonniers compris | Entretiens avec les travailleurs |
Réclamations, rappels et retraits, produits non conformes | Traitement des réclamations ; test annuel de la procédure de rappel sur un lot | Dossiers clients |
Nuisibles en station | Plan, inspections, actions correctives | Postes d’appâtage, locaux |
Testez la traçabilité sur un lot réel, dans les deux sens, avant l’auditeur. Il partira d’une palette ou d’une facture et vous demandera de remonter à la serre et aux traitements.
L’organisme peut proposer un audit en deux temps : revue documentaire à distance au plus quatre semaines avant, puis visite. C’est utile pour une exploitation éloignée d’Agadir, mais la durée totale reste la même et tout se vérifie ensuite sur place.
Comment préparer le volet produits phytopharmaceutiques ?
En partant de la loi marocaine, puis des marchés de destination. IFA v6 exige que seuls des produits autorisés dans le pays de production soient utilisés. Au Maroc, la mise sur le marché des pesticides à usage agricole relève de la loi n° 42-95, et l’index phytosanitaire de l’ONSSA recense les produits homologués. En cas de doute, seules les attestations d’homologation ou d’autorisation de vente font foi.
Les points que l’auditeur contrôle presque toujours :
- Chaque produit utilisé est autorisé pour la culture et la cible visées, et appliqué selon l’étiquette ; une liste à jour des produits employés, y compris biocides et traitements après récolte, est tenue.
- Chaque application est enregistrée, avec les conditions météorologiques au moment du traitement.
- Le délai avant récolte est respecté, ce que l’auditeur vérifie en comparant registre et dates de récolte.
- Le stockage a une capacité suffisante, respecte les températures de l’étiquette et dispose d’une procédure en cas d’accident.
- Les emballages vides sont rincés, jamais réutilisés, stockés en lieu sûr puis éliminés par la filière officielle quand elle existe.
- Les factures permettent d’écarter les produits illégaux ou contrefaits.
Les résidus se traitent par une évaluation des risques. IFA v6 demande la liste des limites maximales de résidus de chaque marché visé, une évaluation des risques de dépassement par culture et la preuve de conformité. Les limites du pays de production s’appliquent même pour un produit exporté : au Maroc, l’index LMR de l’ONSSA repose sur l’arrêté conjoint n° 156-14. Pour l’Union européenne, la Commission fixe les limites maximales de résidus de toutes les denrées. Les laboratoires doivent travailler selon ISO/IEC 17025, et un plan d’action écrit dit quoi faire en cas de dépassement.
Comment justifier la gestion de l’eau ?
Par une évaluation des risques écrite, puis des analyses qui en découlent. Plusieurs de ces exigences sont des « Major Must ». Les points de contrôle IFA v6 demandent :
- une évaluation des risques pour la sécurité des aliments de l’eau utilisée en production et après récolte, revue chaque année ou à chaque changement ;
- un plan de gestion de l’eau ;
- les autorisations de prélèvement délivrées par l’autorité compétente, et le respect de leurs conditions ;
- des analyses à une fréquence cohérente avec l’évaluation des risques, et les actions correctives qui suivent les résultats ;
- une eau adaptée quand elle touche le produit pendant la récolte ou après, y compris l’eau recyclée ou traitée ;
- les enregistrements des volumes d’irrigation et de fertirrigation.
En édition GFS, l’eau en contact avec la partie comestible, ou l’usage d’eau après récolte, fait partie des procédés à haut risque. Pour une station qui lave des produits, l’évaluation des risques doit donc être particulièrement solide.
Que préparer pour les travailleurs et les équipes de campagne ?
Des preuves pour chaque personne présente, saisonniers et sous-traitants compris. Les points de contrôle IFA v6 sur la santé, la sécurité et le bien-être demandent une évaluation des risques écrite, des procédures de santé et de sécurité, une formation de base de tout le personnel, des procédures d’accident et d’urgence, des trousses de premiers secours, au moins une personne formée aux premiers secours, des équipements de protection adaptés et réellement portés, l’accès à l’eau potable, un lieu propre pour manger et un transport sûr.
Dans le Souss, l’arrivée des saisonniers en cours de campagne est le point faible classique. Prévoyez une formation à l’hygiène et à la sécurité avant la prise de poste, enregistrée le jour même, et des supports compréhensibles par tous.
Si votre acheteur demande GRASP, préparez aussi l’évaluation sociale : au Maroc, classé pays à haut risque par GLOBALG.A.P., les travailleurs doivent être présents le jour de l’évaluation. Les preuves attendues sont détaillées sur notre hub GLOBALG.A.P., SQF et PrimusGFS, et le cas d’un groupement qui prépare l’option 2 avec GRASP montre comment l’organiser.
Quelles erreurs font échouer une première inspection ?
Six erreurs reviennent dans les fermes et les stations :
- Une auto-évaluation cochée sans commentaire. L’auditeur la compare au terrain dès la première heure.
- Des enregistrements commencés trop tard. Une récolte rentrée avant l’enregistrement ne peut pas être certifiée.
- Un produit homologué, mais pas pour cette culture. Vérifiez l’usage dans l’index phytosanitaire, pas seulement le nom commercial.
- Des analyses d’eau sans évaluation des risques. La fréquence doit découler du risque, et chaque résultat hors norme doit avoir sa suite.
- Des saisonniers sans trace de formation. Ce sont eux que l’auditeur interroge au champ.
- Un système prêt seulement le jour annoncé. Pour les audits suivants, chaque producteur a 10 % de chances d’un audit non annoncé ; en édition GFS, il arrive sans préavis.
Checklist des deux dernières semaines :
Pour faire vérifier ce travail par un regard extérieur avant l’organisme, voyez nos audits et inspections. Pour budgéter le projet, lisez ce qui fait varier le coût d’une certification GLOBALG.A.P..