Qu’est-ce que la certification BRCGS Food Safety Issue 9 ?

C’est la preuve, délivrée par un organisme de certification agréé, qu’une usine alimentaire respecte le Global Standard Food Safety de BRCGS. La version en vigueur est l’Issue 9, publiée le 1er août 2022.

BRCGS présente le référentiel comme l’ensemble des critères de sécurité, de qualité et de fonctionnement qu’un fabricant doit avoir en place pour respecter la loi et protéger le consommateur. Il vise les sites qui transforment ou conditionnent des denrées : une conserverie de Safi, une unité de fruits et légumes surgelés du Souss, une huilerie de Meknès, une biscuiterie de Casablanca. Le référentiel fait partie des programmes reconnus par la GFSI, ce qui explique qu’il soit accepté par de nombreux distributeurs et industriels.

Trois points de vocabulaire évitent bien des malentendus :

  • Le référentiel est le texte publié par BRCGS. Il est accessible gratuitement via la boutique en ligne BRCGS, selon le guide de certification.
  • L’audit est mené par un organisme de certification agréé par BRCGS. Il observe les pratiques, lit les enregistrements et interroge le personnel.
  • Le certificat n’existe qu’après l’audit et la clôture des non-conformités. Le site apparaît alors dans le BRCGS Directory, que les marques et les distributeurs consultent pour sélectionner leurs fournisseurs.

Le document de l’Issue 9 comporte quatre parties : une introduction, les exigences (partie II), le protocole d’audit (partie III) et la gouvernance (partie IV). Un responsable qualité lit surtout la partie II ; un DG doit aussi connaître la partie III, qui fixe les règles d’audit, de notation et de certificat.

Qui exige la certification BRCGS, et pour quels marchés ?

Ce sont vos clients qui l’exigent, presque jamais la réglementation. BRCGS est très présent chez les distributeurs britanniques et il est demandé par de nombreux industriels, sociétés de restauration et importateurs européens.

Au Maroc, la demande arrive par trois portes :

  1. Le référencement chez un distributeur au Royaume-Uni ou dans un pays européen, qui exige un certificat reconnu par la GFSI avant toute commande.
  2. Un client industriel qui achète un ingrédient ou un produit semi-fini (purée de fruits, poisson précuit, huile en vrac) et l’intègre dans sa propre chaîne certifiée.
  3. Un marché à marque de distributeur, où le fabricant marocain produit sous la marque de l’enseigne et doit présenter le même niveau de garantie qu’un fournisseur local.

La certification BRCGS ne remplace pas les obligations nationales. Une usine qui exporte doit d’abord disposer de l’autorisation ou de l’agrément sanitaire de l’ONSSA, puis répondre aux exigences sanitaires du pays de destination. BRCGS vient ensuite, comme exigence commerciale.

Votre acheteur peut aussi accepter IFS Food ou FSSC 22000, deux autres programmes reconnus par la GFSI. Le choix se fait marché par marché : nous le détaillons dans notre comparatif BRCGS, IFS ou FSSC 22000 : quel référentiel pour quel marché export ?.

Comment est structuré le référentiel BRCGS Food Safety Issue 9 ?

Les exigences sont réparties en neuf sections, qui suivent le parcours du produit et l’organisation du site. Certaines exigences sont dites « fondamentales » : un écart majeur sur l’une d’elles empêche la certification.

Section de l’Issue 9

Ce que l’auditeur regarde dans une usine marocaine

1. Engagement de la direction

Plan de culture sécurité des aliments, ressources, revue de direction, connaissance du référentiel par le DG

2. Plan de sécurité des aliments – HACCP

Équipe HACCP, diagramme vérifié sur la ligne, analyse des dangers, CCP et limites critiques justifiées

3. Système de management de la sécurité et de la qualité

Maîtrise documentaire, audits internes, fournisseurs, réclamations, traçabilité, rappel

4. Normes du site

Bâtiments, flux, séparation des zones, maintenance, nettoyage, nuisibles, eau, déchets, corps étrangers

5. Maîtrise du produit

Conception et développement, étiquetage, allergènes, authenticité et fraude, analyses, libération

6. Maîtrise des procédés

Paramètres de procédé, quantités, étalonnage, détection des corps étrangers

7. Personnel

Formation, hygiène, tenues, visiteurs, santé du personnel

8. Zones à risque de production

Zones à haut risque, à haute précaution et à haute précaution ambiante, quand le site en a

9. Exigences pour les produits négociés

Produits achetés et revendus sans transformation sur le site

Trois remarques pour lire ce tableau.

D’abord, la section 8 ne concerne que les sites qui fabriquent des produits prêts à consommer exposés après cuisson ou décontamination. Une conserverie qui stérilise ses produits en boîte sertie n’a généralement pas de zone à haut risque au sens du référentiel ; un traiteur qui tranche du poisson fumé en a une. Le périmètre doit être établi dès le diagnostic.

Ensuite, la liste exacte des exigences fondamentales est fixée dans la partie II du référentiel. La liste officielle d’autoévaluation de BRCGS en marque douze : engagement de la direction et amélioration continue, plan de sécurité des denrées alimentaires (HACCP), audits internes, gestion des fournisseurs de matières premières et d’emballages, actions correctives et préventives, traçabilité, agencement, flux et séparation des produits, entretien et hygiène, gestion des allergènes, contrôle des opérations, étiquetage et contrôle des produits conditionnés, formation du personnel.

Enfin, le référentiel évolue sans changer de numéro, par des positions officielles (« position statements ») que BRCGS rend obligatoires. Le document F926, version 4.1 d’octobre 2026, en compte quatre. La plus récente modifie l’exigence 7.4.2 sur les tenues de protection et impose des chaussures de protection adaptées là où c’est nécessaire, à partir du 10 août 2026, pour aligner l’Issue 9 sur les exigences de benchmarking GFSI 2024. Un site qui n’a pas lu le F926 se prépare à un référentiel incomplet.

Les modules additionnels

BRCGS propose des modules à ajouter à l’audit : chaîne de contrôle GLOBALG.A.P. (module 10), Meat Supply Chain Assurance (module 11) et exigences FSMA pour l’export vers les États-Unis (module 13). Ils sont évalués en conforme ou non conforme et ne sont pas notés ; leurs écarts n’entrent pas dans le grade. Le site doit prévenir son organisme avant l’audit, car le module peut allonger la durée de l’audit.

Comment fonctionnent la notation et les audits annoncés ou non annoncés ?

L’auditeur classe chaque écart en non-conformité critique, majeure ou mineure ; le nombre et la gravité des écarts déterminent un grade. Le grade se lit avec le programme d’audit choisi : un « + » signale un audit non annoncé.

Les trois niveaux d’écart se comprennent simplement. Une non-conformité mineure signifie qu’une exigence n’est pas entièrement respectée. Une non-conformité majeure est un manquement substantiel ou un constat qui fait sérieusement douter de la conformité. Une non-conformité critique touche la sécurité du produit ou la conformité légale et empêche la certification. Les définitions exactes figurent dans le protocole d’audit du référentiel, que l’organisme de certification applique.

Résultat

Programme d’audit

Ce que dit BRCGS

AA, A, B, C ou D

Audit annoncé, entièrement sur site ou en deux parties

Grade fixé selon le nombre et la gravité des non-conformités, d’après le barème du protocole d’audit

AA+, A+, B+, C+ ou D+

Audit non annoncé

Même processus de notation ; le « + » indique que l’audit n’était pas annoncé

C+ ou D+ puis sortie du programme non annoncé volontaire

Retour à l’audit annoncé

Prochain audit dû six mois après le dernier (F926, position 1)

Pas de certificat

Tous programmes

Non-conformité critique, ou majeure sur une exigence fondamentale ; un nombre et un niveau de non-conformités trop élevés empêchent aussi la certification (BRCGS080)

Le protocole de l’Issue 9 prévoit trois programmes : l’audit annoncé avec un audit non annoncé obligatoire tous les trois ans, l’audit annoncé en deux parties (une partie à distance, une partie sur site) et le programme non annoncé. Les positions officielles du F926 ajoutent des règles très concrètes :

  • dans les trois mois qui suivent un audit, l’organisme discute des options avec le site et lui indique l’année de l’audit non annoncé obligatoire, sans en donner la date ;
  • un audit non annoncé peut avoir lieu à tout moment dans les quatre derniers mois du cycle, y compris les 28 jours calendaires qui précèdent la date d’échéance ;
  • si le site n’a pas arrêté à temps les conditions contractuelles avec son organisme, une non-conformité majeure est attribuée et le certificat en cours peut expirer ;
  • le site ne peut pas changer d’organisme de certification dans les quatre derniers mois avant la date d’échéance, sauf accord écrit de BRCGS ;
  • un audit initial est le premier audit BRCGS à une adresse, ou celui d’un site dont le certificat a expiré depuis plus de 24 mois.

Pour un DG, la conséquence est simple : le grade est public pour vos clients via le BRCGS Directory, et l’audit non annoncé teste la réalité quotidienne de l’usine, pas sa préparation de la veille.

Quelles sont les 7 étapes d’un projet de certification BRCGS ?

Un projet suit sept étapes, de la décision au certificat. Les deux dernières appartiennent à l’organisme de certification ; les cinq premières se jouent dans l’usine.

  1. Choisir le référentiel et le périmètre. Produits, lignes, études HACCP, activités négociées (section 9), modules additionnels. Une erreur de périmètre se paie à l’audit.
  2. Réaliser le diagnostic. BRCGS met à disposition des listes d’autoévaluation qui couvrent chaque exigence. Un diagnostic utile va plus loin : il visite les lignes, ouvre les enregistrements et interroge les opérateurs.
  3. Planifier les actions et les travaux. Les écarts d’infrastructure (sols, joints, flux, condensation) demandent un budget et des délais : ils passent en premier.
  4. Construire et faire vivre le système. Plan HACCP selon le Codex, programmes prérequis, allergènes, fraude, défense alimentaire, plan de culture. Les enregistrements doivent couvrir une période de fonctionnement réel avant l’audit.
  5. Former, puis auditer en interne. Chaque responsable doit pouvoir expliquer ce qu’il fait et le montrer. Un audit à blanc complet, dans les conditions réelles, mesure l’écart restant.
  6. Passer l’audit de certification. L’auditeur observe les pratiques, revoit la documentation et mène des entretiens, comme le décrit le guide de certification BRCGS.
  7. Clôturer et obtenir le certificat. Les non-conformités, avec analyse des causes et actions préventives, sont clôturées dans les 28 jours. Si la certification est accordée, le certificat est émis dans les 42 jours calendaires suivant le premier jour d’audit.

Avant d’appeler l’organisme de certification, vérifiez au minimum ces points :

Les exigences les plus lourdes pour les sites marocains, et la façon de travailler avec un consultant, sont détaillées dans notre guide du consultant BRCGS au Maroc.

Combien de temps et quel budget prévoir ?

Il n’existe pas de prix unique : le budget dépend de la taille du site, du nombre d’études HACCP, de l’état des locaux et de ce qui existe déjà. Le premier chiffrage sérieux vient après un diagnostic écrit.

La durée de l’audit elle-même n’est pas libre : BRCGS publie un calculateur de durée d’audit pour l’Issue 9, que les organismes de certification appliquent. Seule la durée calculée pour votre site, indiquée sur le devis de l’organisme, fait foi.

Le budget global se décompose en cinq postes :

Poste

Ce qui le fait varier

Qui le facture

Audit de certification

Taille du site, études HACCP, modules additionnels, déplacement de l’auditeur

Organisme de certification

Accompagnement

Écart de départ, nombre de jours sur site et à distance, audit à blanc

Consultant

Formation

Nombre de personnes, niveaux (opérateurs, encadrement, équipe HACCP), langue

Organisme de formation

Analyses et étalonnages

Plan de surveillance, validation des procédés, analyses de l’eau

Laboratoires

Travaux et équipements

Sols, portes, détecteurs, vestiaires, séparation des zones

Fournisseurs du site

Une partie peut être financée. La formation du personnel relève des contrats spéciaux de formation (CSF) de l’OFPPT, selon les règles en vigueur et sans montant garanti à l’avance ; l’ingénierie de formation peut relever d’un GIAC. Notre page ingénierie et financement CSF / OFPPT explique la règle et propose une simulation indicative. Pour le détail des postes de coût, voir combien coûte une certification BRCGS, IFS ou FSSC 22000 au Maroc.

Que prépare l’Issue 10, et faut-il l’attendre ?

Non, il ne faut pas l’attendre. L’Issue 10 est en cours de rédaction et BRCGS n’a annoncé aucune date de publication ni d’entrée en vigueur.

BRCGS a ouvert début 2026 une consultation publique sur l’Issue 9, close le 15 février 2026, pour recueillir ce que les utilisateurs apprécient, ce qu’ils voudraient améliorer et les nouveaux sujets de sécurité des aliments à intégrer. Un groupe de travail technique, réunissant fabricants, distributeurs, organismes de certification et d’accréditation, associations et universitaires, travaille sur le texte depuis avril 2026.

Trois raisons de se certifier dès maintenant sur l’Issue 9 :

  • votre acheteur exige un certificat valide aujourd’hui, pas un projet de référentiel ;
  • un certificat reste valable jusqu’à son échéance, et BRCGS publiera des règles de passage avec la nouvelle version ;
  • les sujets qui progressent d’une version à l’autre (culture sécurité des aliments, fraude, environnement de production) sont déjà au cœur de l’Issue 9. Un système solide aujourd’hui se met à niveau sans repartir de zéro.

La meilleure veille consiste à suivre les positions officielles BRCGS au fil de l’eau, comme celle d’août 2026 sur les tenues de protection. Nous faisons le point régulièrement dans BRCGS fin 2026 : versions en vigueur et point sur l’Issue 10. Et si vos clients européens viennent auditer votre usine avant de vous référencer, lisez comment les acheteurs européens qualifient un fournisseur marocain.