Que fait exactement un consultant BRCGS au Maroc ?
Un consultant BRCGS transforme une exigence d’acheteur en système qui tient le jour de l’audit et les années suivantes. Il ne délivre aucun certificat : il prépare le site à être évalué par un organisme de certification agréé par BRCGS.
Au Maroc, la demande vient presque toujours de l’export. Un distributeur britannique, un importateur européen ou un groupe de restauration exige un certificat reconnu par la GFSI avant de référencer un fournisseur. BRCGS fait partie des programmes reconnus par la GFSI. Le délai fixé par l’acheteur est souvent court, et l’équipe qualité est déjà absorbée par la production, l’ONSSA et les audits clients.
Le consultant apporte trois choses que l’équipe interne a rarement en même temps :
- une lecture d’auditeur du référentiel, exigence par exigence, avec ce que l’organisme de certification demandera comme preuve ;
- une méthode de projet : diagnostic, plan d’action priorisé, jalons, revue d’avancement avec la direction ;
- un transfert de compétences : l’objectif est que l’équipe sache faire vivre le système sans lui après la certification.
BRCGS l’écrit lui-même : un site peut « obtenir du conseil si besoin » pendant sa préparation, et BRCGS tient un annuaire de consultants agréés sur brcgs.com. Le même site rappelle que BRCGS n’endosse pas la responsabilité des conseils donnés. Autrement dit, le choix du consultant reste votre risque.
Ce que le consultant ne doit pas faire
Il ne doit pas rédiger un système « clé en main » que personne ne comprend sur le site. Il ne doit pas non plus répondre à la place de l’équipe pendant l’audit. Un auditeur BRCGS interroge les opérateurs, les chefs d’équipe et la direction. Si le système appartient au consultant, l’audit le révèle en moins d’une heure.
Quel référentiel BRCGS correspond à votre activité ?
Le bon référentiel dépend de ce que vous fabriquez ou de ce que vous faites circuler. BRCGS publie plusieurs référentiels distincts ; cinq couvrent l’essentiel des besoins des entreprises marocaines et africaines.
Référentiel | Version en vigueur | Pour qui, au Maroc |
|---|---|---|
Food Safety | Issue 9 (Issue 10 en préparation, sans date annoncée) | Conserveries de poisson, fruits et légumes transformés, huile d’olive, biscuiterie, produits laitiers, confiserie |
Packaging Materials | Issue 7 (audits depuis avril 2025) | Fabricants de boîtes métalliques, films souples, cartons, bouteilles, étiquettes |
Storage & Distribution | Issue 4 | Entrepôts sous froid, plateformes logistiques, prestataires portuaires |
Agents & Brokers | Issue 3 | Négociants, traders et agents qui achètent et revendent sans transformer |
START! | Programme d’entrée, niveaux de base et intermédiaire | Petits sites qui visent ensuite Food Safety Issue 9 |
Deux points méritent l’attention d’un DG.
D’abord, START! n’est pas une version allégée de Food Safety. C’est un programme de développement destiné aux sites qui ne sont pas encore prêts. BRCGS le présente comme un chemin vers Food Safety Issue 9. START! ne figure ni parmi les programmes reconnus par la GFSI, ni parmi ceux en cours de benchmarking (pages GFSI consultées en novembre 2026). Vérifiez avec votre acheteur qu’il l’accepte avant de choisir cette voie.
Ensuite, une même entreprise peut avoir besoin de deux référentiels. Une conserverie d’Agadir qui fabrique aussi ses boîtes relève de Food Safety pour l’usine et de Packaging Materials pour la ligne d’emboutissage, si elle vend des emballages à des tiers. Un consultant doit poser cette question dès le premier rendez-vous.
Comment se déroule un accompagnement BRCGS, du diagnostic au certificat ?
Un accompagnement BRCGS suit sept étapes, dont les deux dernières appartiennent à l’organisme de certification. Le parcours ACG reprend la logique officielle de BRCGS : comprendre, évaluer, préparer, auditer, corriger, certifier.
Étape | Ce qui se passe | Livrable attendu |
|---|---|---|
1. Diagnostic | Visite du site, revue documentaire, entretiens, comparaison avec la liste d’autoévaluation BRCGS | Rapport d’écarts priorisé |
2. Cartographie | Périmètre de certification, produits, lignes, études HACCP, sous-traitants | Périmètre validé par la direction |
3. Documentation | Procédures, plan HACCP, évaluations de vulnérabilité, plan de culture sécurité des aliments | Système documentaire maîtrisé |
4. Mise en œuvre | Formation, enregistrements, travaux, tests de traçabilité et de rappel | Preuves sur au moins un cycle de production |
5. Audit à blanc | Audit complet dans les conditions réelles, sans complaisance | Rapport et plan de clôture |
6. Audit de certification | Mené par l’organisme de certification choisi | Rapport d’audit et non-conformités éventuelles |
7. Clôture et maintien | Actions correctives, analyse des causes, audits internes, veille | Certificat, puis préparation de l’audit suivant |
BRCGS fixe deux délais officiels après l’audit : les non-conformités doivent être clôturées dans les 28 jours, et le certificat est émis dans les 42 jours calendaires suivant le premier jour d’audit, si la certification est accordée. Ces délais figurent dans le guide de certification publié par BRCGS.
La durée de l’audit lui-même dépend de la taille du site, du nombre d’études HACCP et du périmètre. BRCGS fournit un calculateur de durée d’audit pour l’Issue 9 : l’organisme de certification l’applique et indique la durée obtenue sur son devis, qui seule fait foi pour votre site.
Le mode d’emploi détaillé, avec la répartition des rôles et les erreurs fréquentes, est développé dans notre article travailler avec un consultant BRCGS, étape par étape.
Quelles exigences BRCGS Food Issue 9 demandent le plus de travail aux sites marocains ?
Les écarts les plus coûteux ne sont presque jamais documentaires. Ils touchent l’engagement de la direction, l’état de l’usine et la capacité à prouver ce qui est fait chaque jour. Voici ce que nous observons le plus souvent lors des diagnostics au Maroc et en Afrique de l’Ouest.
L’engagement de la direction et la culture sécurité des aliments
L’Issue 9 attend un plan de culture sécurité des aliments, porté par la direction, avec des actions et des indicateurs. Un plan rédigé par le service qualité et jamais présenté au comité de direction ne tient pas. Le DG doit pouvoir expliquer à l’auditeur ce qui a été mesuré et ce qui a changé.
Le plan HACCP
L’étude HACCP doit s’appuyer sur les principes du Codex Alimentarius et refléter la réalité des lignes. Les faiblesses classiques : diagramme de fabrication non vérifié sur le terrain, dangers allergènes oubliés, limites critiques sans justification, vérification absente.
L’environnement de production
Sols fissurés, joints dégradés, flux croisés entre zones sales et propres, condensation au-dessus des produits ouverts. Ces écarts demandent des travaux, donc un budget et des délais. Ils doivent être identifiés dès le diagnostic, pas découverts à l’audit à blanc.
Les allergènes, la traçabilité et le rappel
Un test de traçabilité doit retrouver, en temps limité, les matières premières et les emballages d’un lot, puis les clients livrés. Sur les sites qui travaillent avec des sauces ou des marinades, la gestion des allergènes est souvent le point faible : matrice incomplète, nettoyage non validé, étiquetage non vérifié.
Food defense et food fraud
L’Issue 9 attend une évaluation des menaces volontaires et une évaluation de la vulnérabilité à la fraude sur les matières premières. Pour un exportateur marocain, la fraude sur l’huile, l’origine ou l’espèce de poisson sont des sujets concrets, pas théoriques.
Certaines exigences sont dites « fondamentales » dans le référentiel : un écart majeur sur l’une d’elles empêche la certification. La liste officielle d’autoévaluation de BRCGS en marque douze dans l’Issue 9 : engagement de la direction et amélioration continue, plan de sécurité des denrées alimentaires (HACCP), audits internes, gestion des fournisseurs de matières premières et d’emballages, actions correctives et préventives, traçabilité, agencement, flux et séparation des produits, entretien et hygiène, gestion des allergènes, contrôle des opérations, étiquetage et contrôle des produits conditionnés, formation du personnel. Notre guide de la certification BRCGS au Maroc détaille ce que le site doit démontrer pour chacune.
Comment choisir un consultant BRCGS au Maroc ou en Afrique ?
Choisissez sur des preuves vérifiables, pas sur une promesse de résultat. Un consultant qui « garantit » le certificat promet une chose qui ne lui appartient pas.
BRCGS publie les critères minimaux de son programme de consultants : un diplôme pertinent, un cours de Lead Auditor système qualité enregistré ou équivalent, au moins cinq ans d’expérience dans le secteur concerné et des références clients. C’est un premier filtre, pas une garantie.
Avant de signer, vérifiez les points suivants :
Pour un site en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou au Cameroun, ajoutez un critère : la capacité à intervenir sur place aux étapes clés (diagnostic, audit à blanc) et à distance le reste du temps, sans perte de rythme.
Que se passe-t-il après l’obtention du certificat BRCGS ?
Le certificat ouvre une période de maintien, pas une pause. Le site sera réaudité, et chaque audit compare ce qui est fait aujourd’hui avec ce qui a été montré la fois précédente.
Une fois certifié, le site apparaît dans le BRCGS Directory. BRCGS le décrit comme la vitrine que les marques et les distributeurs consultent pour sélectionner leurs fournisseurs. Pour un exportateur marocain, c’est un argument commercial concret : un acheteur peut vérifier le certificat sans vous le demander. L’inverse est vrai aussi : une suspension ou une non-reconduction se voit.
Le référentiel prévoit un système de grades et une option d’audit non annoncé, qui pèsent sur la perception de l’acheteur. Le grade, de AA à D, dépend du nombre et du niveau des non-conformités ; un « + » s’ajoute après un audit non annoncé (AA+ ou A+, par exemple). Le prochain audit est dû douze mois plus tard, ou six mois pour un site classé C ou D. Et quel que soit le programme choisi, BRCGS exige au moins un audit non annoncé tous les trois ans pour les sites certifiés Food Safety (BRCGS079).
Le maintien repose sur cinq routines :
- les audits internes, planifiés pour couvrir toutes les exigences sur l’année, avec un suivi des actions ;
- la revue de direction, qui suit les indicateurs de sécurité des aliments et le plan de culture ;
- la gestion des changements : tout nouveau produit, nouvelle ligne ou nouveau fournisseur relance l’analyse HACCP et l’évaluation des risques ;
- la veille sur le référentiel, les positions officielles BRCGS et la réglementation des pays de destination ;
- la formation continue, en particulier pour les nouveaux arrivants et les saisonniers.
C’est souvent à ce stade que l’accompagnement change de forme. Le consultant passe d’un rôle de bâtisseur à un rôle de contrôleur externe : audits internes externalisés, audit à blanc avant chaque audit de suivi, appui ponctuel sur une réclamation ou un rappel. Certains sites confient aussi la fonction de responsable sécurité des aliments à un expert à temps partagé, quand le poste est vacant ou que le site ouvre une nouvelle unité.
BRCGS, IFS ou FSSC 22000 : faut-il vraiment choisir ?
Oui, et c’est l’acheteur qui décide en premier. Les trois sont reconnus par la GFSI, mais chaque marché a ses habitudes. BRCGS est très présent chez les distributeurs britanniques. IFS Food, en version 8 obligatoire depuis janvier 2024, est fréquent chez les distributeurs allemands et français. FSSC 22000, dont la Version 7 a été publiée en mai 2026, s’appuie sur ISO 22000 et est souvent demandée par les industriels multinationaux.
Une certification ne remplace pas l’autre aux yeux d’un acheteur qui a choisi son référentiel. En revanche, un système bien construit pour BRCGS couvre une grande partie des exigences des deux autres. Un consultant expérimenté conçoit la documentation pour qu’une seconde certification, si elle devient nécessaire, ne reparte pas de zéro.
Pour la comparaison détaillée avec FSSC 22000 et le calendrier de transition v6 vers v7, voir notre guide de l’accompagnement FSSC 22000 au Maroc.
Un exemple de choix raisonné
Prenons un exportateur de conserves de légumes de la région de Meknès. Son client britannique exige BRCGS, et un nouveau client allemand demande IFS Food. La bonne réponse n’est pas de choisir l’un contre l’autre, mais de construire un socle commun : plan HACCP, programmes prérequis, traçabilité, allergènes, fraude, culture. Ce socle sert les deux audits. Seules les exigences propres à chaque référentiel, et le protocole d’audit, demandent un travail spécifique. Le consultant doit le prévoir dans son plan pour éviter de facturer deux fois le même travail.
Côté coût et calendrier, les leviers sont détaillés dans coût, durée et financement d’un accompagnement BRCGS. Pour l’état des versions et la veille Issue 10, voir BRCGS : les référentiels en vigueur et ce que prépare l’Issue 10. Et pour un exemple concret, lisez le cas d’une conserverie de poisson exportatrice.