Qu’est-ce que BRCGS Storage and Distribution Issue 4, et quels sites marocains vise-t-il ?

C’est le référentiel BRCGS des opérations logistiques : stockage, distribution et transport d’aliments, d’emballages et de produits de consommation, sans transformation. L’Issue 4 est la version auditée. Elle vise tout site qui garde ou achemine les produits des autres, de la production primaire au commerce de détail.

Le guide de certification BRCGS précise deux points utiles dès le départ. Le site peut certifier tout le périmètre ou seulement ce qu’il fait réellement : stockage seul, distribution seule, transport seul. Et le référentiel est accessible gratuitement sur la boutique BRCGS. Le certificat est délivré par un organisme de certification agréé par BRCGS, après un audit sur site ; le site certifié apparaît ensuite dans le BRCGS Directory, que consultent marques et distributeurs.

Au Maroc, la demande vient presque toujours d’un client. Le tableau aide à situer votre site avant toute autre décision.

Votre site

Périmètre probable

Autre référentiel à examiner

Point de vigilance

Entrepôt frigorifique pour compte de tiers, froid positif et négatif

Stockage et distribution

IFS Logistics version 3

Températures prouvées la nuit, le week-end et les jours fériés

Plateforme ambiante qui prépare des commandes pour une enseigne

Stockage et distribution, module e-commerce ou commerce de gros si l’activité existe

IFS Logistics version 3

Rotation des stocks, produits endommagés, retours

Transporteur sous température dirigée, sans entrepôt

Transport seul

IFS Logistics, qui admet aussi les sociétés qui organisent le transport sans unités propres

Contrats, état des véhicules, attestation ATP à l’international

Prestataire portuaire qui congèle ou tempère des produits préemballés à façon

Stockage, avec la section 17

IFS Logistics, qui cite la congélation et la décongélation

Spécifications du propriétaire, paramètres surveillés, alarmes

Usine ou station qui ne stocke que ses propres produits

Hors Storage and Distribution

BRCGS Food Safety Issue 9, IFS Food version 8, FSSC 22000

Un entrepôt déporté suit les règles du référentiel de l’usine

Négociant qui ne manipule pas les produits

Hors périmètre

BRCGS Agents & Brokers Issue 3, IFS Broker version 3.2

Aucun stockage physique à auditer

Un point ne se discute pas : au Maroc, les établissements du secteur alimentaire doivent être agréés ou autorisés sur le plan sanitaire par l’ONSSA, en application de la loi 28-07 et du décret 2-10-473. Vérifiez que le numéro attribué couvre bien chaque entrepôt et l’activité de stockage visée : la certification s’y ajoute, elle ne le remplace pas.

Notre page BRCGS Storage and Distribution présente le référentiel et sa comparaison avec IFS Logistics ; ce guide détaille le chemin de certification d’un site marocain.

Comment fixer le périmètre du certificat ?

En partant de ce que le site fait chaque semaine, pas de ce que la plaquette commerciale promet. Le périmètre écrit conditionne la durée de l’audit, le devis de l’organisme et les exigences applicables.

Quatre questions suffisent à le fixer.

Quels produits ? Aliments, emballages, produits de consommation, sous froid négatif, froid positif ou à température ambiante. Chaque flux a ses dangers : un entrepôt qui reçoit des produits de la mer congelés et des emballages vides ne gère pas les mêmes risques de contamination sur un même quai.

Des produits nus sont-ils manipulés ? Si oui, la section 9 s’applique. La position officielle 4 du document SD404 en donne la mesure : quand le personnel se contente de soulever et de déplacer des caisses ou des palox ouverts de fruits et légumes, une évaluation des risques peut fixer le besoin de lave-mains séparés et de charlottes. Dès qu’il y a un tri ou une préparation à la main, un lave-mains dédié, hors des toilettes, et une coiffe couvrant toute la chevelure deviennent obligatoires. Les toilettes ne doivent pas ouvrir directement sur les zones de stockage.

Des opérations de froid sont-elles faites à façon ? Réfrigération, congélation, tempérage, décongélation, haute pression et, depuis le 10 août 2026, irradiation de produits préemballés relèvent de la section 17. Le site les conduit selon les spécifications du propriétaire des produits et surveille les paramètres du procédé.

Que fait-on hors du bâtiment ? Transport sous-traité, entrepôt de débord, plateforme de cross-docking : ces activités restent sous votre responsabilité devant le client. Elles entrent dans le système par les contrats (clause 3.5.2.1) ou par un module.

Une limite ne bouge pas : la transformation, même minime, est exclue. Selon SD404, de petits changements de procédé peuvent modifier la sécurité d’un aliment. Seul un parage de fruits et légumes frais à visée purement esthétique a pu être maintenu, sur dérogation demandée par l’organisme à BRCGS, pour les seuls sites déjà certifiés en Issue 3, et jamais pour des produits prêts à consommer.

Quels modules volontaires ajouter, et à quel moment ?

Seulement ceux qu’un client exige ou qui remplacent un audit séparé. BRCGS en propose six : e-commerce, cross-docking, commerce de gros, conditionnement à façon, inspection et gestion des déchets. Selon la page officielle, le site prévient son organisme avant le prochain audit ; le module est audité en même temps que le référentiel, ce qui peut allonger l’audit, et il est noté conforme ou non conforme, sans effet sur le grade.

Deux modules ont des règles précisées par les positions officielles.

Cross-docking (section 11). Chaque plateforme de cross-docking fait l’objet de son propre rapport, et ses non-conformités ne comptent pas dans le grade du site principal. La position officielle 8 fixe le barème :

Non-conformités sur la plateforme

Suite

Aucune critique, aucune majeure, 3 mineures au plus

Preuves objectives de correction dans les 28 jours calendaires

Aucune critique, 1 majeure, 2 mineures au plus

Preuves objectives de correction dans les 28 jours calendaires

Une critique ou plus, plus d’une majeure ou davantage de mineures

Pas de certification du module ; nouvel audit complet de la plateforme

Après un audit réussi, une annexe au certificat liste les plateformes et leur adresse. Si une plateforme échoue, elle seule est réauditée : le certificat du site principal est réémis sans le module.

Commerce de gros (section 10). Un grossiste qui achète et revend des produits de marque doit tenir un plan documenté d’évaluation de la vulnérabilité de ses fournisseurs à la fraude (clause 10.2.2.1, position officielle 3). Le plan dit quelles vérifications sont faites, à quelle fréquence, par qui et comment les résultats sont interprétés ; il classe fournisseurs et produits, par exemple en risque très élevé, élevé, faible ou négligeable. Il est revu au moins une fois par an et à chaque changement important : situation financière d’un fournisseur, nouvelle chaîne logistique, alerte sur un produit.

Pour les quatre autres modules, l’outil d’autoévaluation officiel SD401 résume les attentes :

  • E-commerce : vente en ligne de produits finis à des entreprises ou au consommateur, depuis des entrepôts sous le contrôle direct du site. Il demande un contrat formel avec chaque client, un emballage d’expédition testé et validé, et une traçabilité testée au moins une fois par an et obtenue en 4 heures. Les réseaux de messagerie, de colis ou de palettes ne sont couverts que pour le dernier kilomètre, sous contrat et avec un suivi de leurs performances.
  • Conditionnement à façon (reconditionnement, assemblage, étiquetage de produits emballés) : analyse des risques de l’opération, contrôle des emballages et des codes (dates, lots, poids) au démarrage, pendant et à la fin de chaque série, vérification des systèmes de vision et des trieuses pondérales, traçabilité complète des composants.
  • Inspection des produits : service défini avec le client (critères de tri, taux d’échantillonnage, sort des produits refusés), revue du contrat avant d’accepter le travail, analyse des risques pour les autres produits, équipements étalonnés et enregistrements de l’activité.
  • Gestion des déchets (récupération et recyclage) : types de matériaux définis et connus du chauffeur, réception séparée des zones de produits, règles de séparation et de nettoyage des véhicules, stockage qui n’attire pas les nuisibles, respect des exigences légales d’élimination.

Pour tout service à façon, le contrat client, l’intégration à l’analyse des dangers, des procédures écrites et la formation du personnel s’appliquent en plus.

Dernier point : selon le protocole BRCGS079, BRCGS attend que les modules de Storage and Distribution soient programmés et audités pendant l’audit non annoncé. Un module qui ne peut être vu qu’un jour précis de la semaine se signale à l’organisme bien avant la fenêtre d’audit.

Que vérifie l’auditeur dans un entrepôt ?

Que le système décrit fonctionne sur le quai, avec les personnes présentes ce jour-là. Depuis le 10 août 2026, la version 8 des positions officielles SD404 aligne plusieurs clauses sur les exigences de la GFSI : elles donnent une bonne image de ce que l’auditeur demande.

Domaine

Exigence (clause)

Preuve que l’auditeur cherche

Personnes

Tout le personnel, intérimaires et salariés d’agences compris, connaît ses responsabilités et accède à la documentation utile (1.3.2)

Entretiens avec des caristes, des préparateurs et des intérimaires

Analyse des dangers

Programmes prérequis documentés, vérifiés si nécessaire et intégrés à l’analyse des dangers, HARA ou HACCP (2.1)

Liste des prérequis reliée à l’analyse des dangers et revue au moins annuelle

Prérequis de l’entrepôt

État des bâtiments, des équipements et des véhicules ; manutention et transport ; casse, déchets et retours ; allergènes ; nuisibles ; sous-traitants ; nettoyage ; chaîne du froid ; hygiène ; formation (2.1)

Procédures et enregistrements de chaque prérequis

Prestataires

Contrat ou spécification avec chaque prestataire de service (3.5.1.2) ; contrat signé par les deux parties avec chaque sous-traitant : températures, manutention, sécurité, séparation, type de véhicule (3.5.2.1)

Contrats signés et revus, y compris avec le transporteur occasionnel

Fraude

Plan d’évaluation de la vulnérabilité à la fraude des clients pour qui le site stocke, conduit par une équipe compétente (3.5.3.1)

Plan, compétence de l’équipe, mesures prises

Sécurité des produits

Évaluation des menaces internes et externes, revue au moins annuelle et après tout incident (4.2.1)

Évaluation datée, contrôles d’accès, scellés, gestion des clés

Matériel

Équipements adaptés, rangés propres ; engins mobiles cantonnés à des zones définies (6.1) ; matériel de nettoyage hygiénique, identifié et rangé hors du sol (6.4.5)

Observation du quai, des chariots et du local de nettoyage

Opérations à façon

Enregistrement des paramètres relié à une alarme, ou contrôles manuels assez fréquents pour intervenir à temps (17.3)

Courbes, alarmes, relevés des week-ends et jours fériés

Pour les opérations de la section 17, l’interprétation de la clause 17.3 donne un repère : sans enregistrement automatique, les contrôles manuels se poursuivent les jours non travaillés, en principe toutes les deux heures pour le réfrigéré et toutes les quatre heures pour le surgelé, sauf justification ; les enregistrements sont conservés pendant la durée de vie du produit plus un an. La préparation pas à pas d’un entrepôt sous froid est l’objet de notre article préparer un entrepôt frigorifique près de Tanger Med à l’audit.

Le référentiel s’organise en huit sections communes à tous les sites : engagement de la direction ; analyse des dangers et des risques ; système de management de la sécurité et de la qualité des produits ; normes du site et des bâtiments ; normes d’exploitation des véhicules ; gestion des installations ; bonnes pratiques opérationnelles ; personnel. La section 9 vise les produits nus, les suivantes les modules. Pour la traçabilité, le système est testé à une fréquence fixée à l’avance, au moins une fois par an, de l’expéditeur au destinataire final et inversement, stockage et transport sous-traités compris ; une traçabilité complète devrait être obtenue en 4 heures (outil d’autoévaluation SD401).

Quel programme d’audit choisir ?

Celui que votre organisation peut tenir chaque jour de l’année. Quel que soit le programme, au moins un audit tous les trois ans est non annoncé, et la page de la GFSI liste Storage and Distribution Issue 4 avec les programmes annoncé, non annoncé (options 1 et 2) et mixte annoncé.

Programme

Règles clés

Quand il convient

Annoncé, sur site

Date convenue ; premier audit toujours annoncé, sauf demande du site

Premier audit, site encore en rodage

Mixte annoncé

Recertification seulement ; partie à distance de 50 % au plus de la durée ; exigences vérifiables à distance repérées par un code couleur (BRCGS080)

Site déjà certifié, enregistrements numérisés et équipe à l’aise en vidéo

Non annoncé, option 1

Une seule visite, à tout moment des quatre derniers mois du cycle ; jusqu’à 10 jours d’indisponibilité déclarés quatre semaines à l’avance, 5 pour un site audité tous les six mois

Entrepôt stable, suppléants formés, preuves à jour à toute heure

Non annoncé, option 2

Partie non annoncée sur site et audit des systèmes annoncé dans la fenêtre de 28 jours

Site dont certains responsables documentaires ne sont pas présents en continu

Le calendrier se gère dès le lendemain d’un audit. Dans les trois mois, l’organisme indique au site l’année de l’audit non annoncé, jamais sa date ; il lance la planification au plus tard six mois après le dernier audit. Le site doit signer les conditions contractuelles avant l’ouverture de la fenêtre de quatre mois et signaler ses arrêts prévus : à défaut, la date d’échéance est décalée, le certificat peut expirer et une non-conformité majeure est attribuée.

Deux règles pèsent sur un entrepôt marocain. Les jours où le site ne fonctionne pas (week-ends chômés, jours fériés, fermetures pour maintenance) ne comptent pas dans les 10 jours, mais se déclarent à l’entrée dans le programme. Et un site certifié Food Safety et Storage and Distribution a intérêt à regrouper les deux audits ; s’ils restent séparés, les deux doivent être non annoncés. Les règles générales des audits non annoncés et mixtes sont détaillées dans notre article audit BRCGS non annoncé ou mixte.

Quelles sont les étapes, du diagnostic au certificat ?

Huit étapes, dont seules les dernières ont un délai fixé par BRCGS. Le guide de certification décrit le parcours ; les positions SD404 en fixent les règles de cycle.

Étape

Ce que fait le site

Délai ou règle BRCGS

1. S’informer

Lire le référentiel et son guide d’interprétation ; contacter un organisme agréé

Aucun

2. Se former

Former le pilote et l’équipe ; BRCGS Academy propose un cours « sites » de deux jours

Aucun

3. S’évaluer

Diagnostic d’écarts sur la liste d’autoévaluation SD401, publiée en anglais

Aucun

4. Préparer

Plan d’action, analyse des dangers, procédures, contrats, audits internes

Aucun, mais le système doit avoir fonctionné

5. Planifier

Contrat avec l’organisme, périmètre écrit, modules, programme d’audit

Premier audit annoncé, sauf demande du site

6. Être audité

Observation des pratiques, revue des documents, entretiens

Durée fixée par le calculateur BRCGS

7. Corriger

Action corrective, analyse des causes, action préventive pour chaque non-conformité

28 jours après l’audit

8. Être certifié

Revue de l’organisme et décision

Certificat au plus tard 42 jours calendaires après le premier jour d’audit

Le grade, de AA à D, fixe ensuite le rythme : certificat de 12 mois au plus pour les grades AA, A et B, de 6 mois au plus pour les grades C et D, avec un « + » quand l’audit était non annoncé. Depuis le 1er février 2023, la règle vaut aussi pour les sites qui ne manipulent que des produits de consommation, auparavant certifiables jusqu’à 18 mois. Un audit avec trop de non-conformités ne donne pas de certificat : il faut un nouvel audit complet.

Trois règles de cycle évitent de mauvaises surprises. Un site ne peut pas changer d’organisme dans les quatre mois qui précèdent la date de réaudit, sauf accord écrit de BRCGS. Un réaudit anticipé, demandé pour améliorer un grade, se fait avec l’organisme qui a émis le certificat. Enfin, un audit « initial » est le premier audit à une adresse, ou l’audit d’un site dont le certificat a expiré depuis plus de 24 mois ; le cycle de trois ans de l’audit non annoncé continue malgré une interruption plus courte.

Avant de demander un devis, réunissez ces éléments :

Le budget et ses leviers sont détaillés dans notre article coût et durée d’un projet BRCGS Storage and Distribution ou IFS Logistics. Si deux clients demandent deux référentiels différents, voyez notre cas type d’un entrepôt frigorifique multiclient de la zone de Tanger Med. Et pour situer Storage and Distribution parmi les autres référentiels BRCGS, notre guide de la certification BRCGS au Maroc reste la porte d’entrée.