Qu’est-ce que la certification BRCGS Food Safety, et qui fait quoi ?
La certification BRCGS Food Safety atteste qu’un site de fabrication alimentaire respecte le référentiel mondial de sécurité des denrées alimentaires de BRCGS, aujourd’hui en Issue 9. Elle est délivrée par un organisme de certification agréé par BRCGS, après un audit sur site.
BRCGS présente ce référentiel comme l’ensemble des critères de sécurité, de qualité et de fonctionnement qu’un fabricant doit avoir en place pour remplir ses obligations légales et protéger le consommateur. Pour un exportateur marocain, c’est d’abord une condition d’accès aux acheteurs : la page de la GFSI liste BRCGS Food Safety Issue 9 parmi les programmes reconnus, avec quatre programmes d’audit (annoncé, annoncé mixte, non annoncé volontaire, non annoncé obligatoire une fois tous les trois ans).
Quatre acteurs interviennent, avec des rôles distincts.
Acteur | Son rôle dans la certification | Ce que le site doit en attendre |
|---|---|---|
BRCGS | Rédige le référentiel, publie les positions officielles et les protocoles, agrée les organismes de certification, tient le BRCGS Directory | Des règles opposables : les positions officielles sont obligatoires dès leur date d’application |
Organisme de certification | Calcule la durée d’audit, planifie, audite, attribue le grade, décide, émet le certificat | Un devis, un plan d’audit, un rapport et une décision motivée |
Le site | Définit son périmètre, applique le référentiel, accueille l’audit, corrige les écarts, notifie les incidents | La responsabilité de la conformité, chaque jour et pas seulement le jour de l’audit |
Le consultant (facultatif) | Aide à préparer le système et les équipes | Une méthode et un transfert de compétences, jamais une décision de certification |
Le référentiel le dit lui-même : un site qui manque de compétences internes peut faire appel à une expertise externe, un consultant en sécurité des aliments par exemple, mais la gestion quotidienne du système reste sous la responsabilité de l’entreprise (clause 1.2.4).
Le référentiel est accessible gratuitement sur la boutique en ligne de BRCGS. Le site doit en détenir un exemplaire authentique, papier ou électronique, et suivre les changements publiés sur le site de BRCGS (clause 1.1.9). Enfin, une fois certifié, il apparaît dans le BRCGS Directory, que BRCGS décrit comme la vitrine utilisée par les marques et les distributeurs pour choisir leurs fournisseurs.
Pour choisir entre Food Safety, Packaging Materials Issue 7, Storage & Distribution Issue 4, Agents & Brokers Issue 3 et START!, voir notre hub certification BRCGS.
Que contiennent les neuf chapitres de l’Issue 9 ?
L’Issue 9 est organisée en neuf chapitres. Les sept premiers s’appliquent à tout site de fabrication. Le chapitre 8 s’ajoute si le site a des zones de production à haut risque ou à grande précaution ; le chapitre 9, s’il stocke des produits qu’il ne fabrique pas. Les intitulés suivent la liste d’autoévaluation officielle de BRCGS en français.
N° | Chapitre | Ce que l’auditeur vérifie, par exemple | Exigences fondamentales |
|---|---|---|---|
1 | L’engagement de la direction | Politique signée par le responsable du site, plan de culture sécurité des aliments revu au moins une fois par an, objectifs suivis au moins chaque trimestre, revue de direction annuelle, réunions au moins mensuelles, système de signalement confidentiel | 1.1 |
2 | Plan de sécurité des denrées alimentaires – HACCP | Équipe HACCP, programmes prérequis, description des produits, diagrammes vérifiés sur le terrain au moins une fois par an, CCP et limites critiques validées, revue annuelle | 2 |
3 | Système de gestion de la sécurité et de la qualité | Manuel, maîtrise documentaire, enregistrements, audits internes, fournisseurs, spécifications, actions correctives, produits non conformes, traçabilité, réclamations, incidents et rappels | 3.4, 3.5.1, 3.7, 3.9 |
4 | Normes des sites | Sécurité du site, food defense, agencement et flux, bâtiment, utilités, équipements, maintenance, contamination physique et chimique, détection des corps étrangers, nettoyage, déchets, nuisibles, stockage, expédition | 4.3, 4.11 |
5 | Contrôle des produits | Conception, étiquetage, allergènes, authenticité et allégations, emballages, analyses, libération des produits | 5.3 |
6 | Contrôle du processus | Maîtrise des opérations, étiquetage et contrôle des produits conditionnés, quantités, étalonnage | 6.1, 6.2 |
7 | Personnel | Formation, hygiène, surveillance médicale, vêtements de protection | 7.1 |
8 | Zones de production à risque | Agencement, bâtiment, équipements, nettoyage et tenues dans les zones à haut risque, à grande précaution et à grande précaution ambiante | — |
9 | Produits commercialisés | HACCP, approbation des fabricants, spécifications, analyses, légalité et traçabilité des produits stockés sur le site mais fabriqués ailleurs | — |
Deux chapitres demandent une décision explicite.
Le chapitre 8 dépend d’une évaluation que le site doit faire lui-même : la clause 4.3.1 exige d’évaluer les zones de risque de production à partir des définitions de l’annexe 2 du référentiel, et la clause 4.3.2 de les reporter sur le plan du site. Si l’évaluation conclut à des zones à haut risque ou à grande précaution, tout le chapitre 8 s’applique en plus des chapitres 1 à 7.
Le chapitre 9 suit une règle du tout ou rien. Si le site veut être audité sur ses produits commercialisés, tous doivent entrer dans le périmètre ; il n’est pas permis d’en inclure certains et d’en exclure d’autres. Les non-conformités du chapitre 9 comptent dans le calcul du grade. Si le site préfère les exclure, l’exclusion est inscrite sur le rapport d’audit.
Que sont les exigences fondamentales, et lesquelles sont-elles ?
Une exigence fondamentale est une exigence que BRCGS juge déterminante pour la sécurité des produits. La liste d’autoévaluation officielle en marque douze dans l’Issue 9. Chacune s’ouvre par un énoncé d’intention, que l’auditeur évalue en plus des clauses détaillées.
Clause | Exigence fondamentale | Ce que le site doit pouvoir démontrer |
|---|---|---|
1.1 | Engagement de la direction et amélioration continue | Une direction pleinement impliquée dans la mise en œuvre du référentiel et dans l’amélioration de la culture sécurité et qualité |
2 | Plan de sécurité des denrées alimentaires – HACCP | Un plan pleinement opérationnel et efficace, fondé sur les principes HACCP du Codex Alimentarius |
3.4 | Les audits internes | La vérification de l’application réelle du plan et du référentiel, avec au moins quatre dates d’audit réparties sur l’année |
3.5.1 | Gestion des fournisseurs de matières premières et d’emballages | Une approbation fondée sur une analyse des risques de chaque matière, emballage primaire compris |
3.7 | Actions correctives et préventives | L’exploitation des problèmes identifiés pour corriger et empêcher la récurrence, avec analyse des causes |
3.9 | Traçabilité | La traçabilité de chaque lot, du fournisseur au client et inversement, testée au moins une fois par an et réalisable en 4 heures |
4.3 | Agencement, flux et séparation des produits | Un agencement, des flux et des déplacements du personnel qui évitent la contamination |
4.11 | Entretien et hygiène | Des systèmes de nettoyage qui maintiennent l’hygiène à tout moment |
5.3 | Gestion des allergènes | La maîtrise du contact croisé et un étiquetage conforme à la loi du pays de vente |
6.1 | Contrôle des opérations | Une production conforme aux spécifications et aux instructions, en cohérence avec le plan HACCP |
6.2 | Étiquetage et contrôle des produits conditionnés | Des produits correctement étiquetés et codés |
7.1 | Formation des personnels de production et de stockage | Une compétence démontrée par la formation, l’expérience ou la qualification, intérimaires et saisonniers compris |
BRCGS classe les non-conformités par niveau ; ses documents officiels mentionnent notamment les non-conformités critiques et majeures. Un écart majeur contre l’énoncé d’intention d’une exigence fondamentale pèse directement sur la décision de certification. Les niveaux de non-conformité et leurs conséquences sont définis dans le protocole d’audit du référentiel, que l’organisme de certification applique.
Sur le terrain, elles se jouent rarement sur un document manquant, mais sur une preuve qui ne tient pas : un test de traçabilité qui dépasse les 4 heures parce que l’huile ou l’emballage ne sont pas reliés au lot, des audits internes concentrés sur le mois qui précède l’audit au lieu d’être répartis, une matrice allergènes qui ignore une sauce, une étiquette export contrôlée au démarrage mais pas au changement de bobine.
Avant de réserver l’audit, vérifiez que ces preuves existent et qu’elles sont récentes :
Comment définir le périmètre de la certification ?
Le périmètre dit ce que le certificat couvre : une adresse de site, des produits, des procédés. C’est le site qui le propose, l’organisme de certification qui le vérifie, et l’acheteur qui le lit sur le certificat.
Trois règles officielles cadrent cette décision. D’abord, la certification est attachée à une adresse : BRCGS définit l’audit initial comme le premier audit BRCGS à une adresse de site donnée, ou l’audit d’un site dont le certificat a expiré depuis plus de 24 mois. Ensuite, chaque plan HACCP doit définir son propre champ, produits et procédés compris. Enfin, les produits ou matières présents sur le site mais hors périmètre doivent être maîtrisés pour ne pas créer de risque pour les produits certifiés.
Situation fréquente au Maroc | Ce qu’il faut décider | Conséquence sur l’audit |
|---|---|---|
Une conserverie qui fabrique aussi des boîtes vendues à des tiers | Food Safety pour l’usine, Packaging Materials Issue 7 pour la fabrication d’emballages | Deux référentiels, deux périmètres à définir |
Une usine qui stocke des produits finis achetés à d’autres fabricants | Inclure tout le négoce au chapitre 9 ou l’exclure | Tout ou rien ; l’exclusion figure sur le rapport |
Une gamme saisonnière fabriquée quelques mois par an | L’inclure ou non dans le périmètre | Date d’audit à caler avec l’organisme, car l’auditeur évalue des pratiques qu’il observe |
Un site qui sous-traite une étape et récupère le produit | Déclarer le procédé sous-traité | Le sous-traitant doit être approuvé et suivi |
Un client qui exige un module additionnel (par exemple le module FSMA) | Ajouter le module au périmètre | Évalué selon le protocole propre au module |
Les modules additionnels rattachés à l’Issue 9 sur le site de BRCGS (GLOBALG.A.P. Chain of Custody, Meat Supply Chain Assurance, exigences FSMA) s’ajoutent au référentiel sans le remplacer.
Écrivez le périmètre dès le diagnostic, faites-le valider par la direction, puis confirmez-le par écrit avec l’organisme avant le devis. Un périmètre flou fausse la durée d’audit, donc le coût, et peut donner un certificat que l’acheteur refuse. Les effets du périmètre sur le budget sont détaillés dans notre article coût d’une certification BRCGS au Maroc.
Comment se déroule l’audit de certification ?
Le premier audit est annoncé et se déroule entièrement sur site. Sa durée est calculée par l’organisme de certification avec le calculateur officiel de BRCGS, puis l’audit suit un enchaînement fixe : réunion d’ouverture, visite des ateliers, revue documentaire, test de traçabilité, réunion de clôture.
Quelques règles propres à un premier audit :
- pas d’audit mixte : BRCGS réserve l’audit mixte, avec une partie à distance, aux audits de recertification. Il le justifie par le temps supplémentaire nécessaire aux réunions d’ouverture et de clôture d’un audit initial ;
- un audit annoncé par défaut : le premier audit BRCGS d’un site est annoncé, sauf si le site demande lui-même un audit non annoncé ;
- une durée calculée, pas négociée : l’organisme applique le calculateur BRCGS de l’Issue 9 et indique la durée obtenue sur son devis ;
- la présence de la direction : le plus haut responsable de la production ou des opérations participe aux réunions d’ouverture et de clôture, et un membre de la direction doit être disponible pour parler du plan de culture sécurité des aliments (clause 1.1.11).
L’audit évalue la mise en œuvre réelle : observation des pratiques, revue des documents, entretiens avec le personnel. Les non-conformités sont confirmées en réunion de clôture. Le site dispose ensuite de 28 jours pour transmettre à l’organisme ses actions correctives, son analyse des causes et son plan d’action préventive. L’organisme revoit ces éléments, finalise le rapport et décide. Si la certification est accordée, le certificat est émis au plus tard 42 jours calendaires après le premier jour d’audit.
La préparation concrète de cette journée (documents, équipe, réunions, dossier de clôture) fait l’objet de notre mode d’emploi préparer l’audit de certification BRCGS.
Que se passe-t-il après le certificat : grades, fréquence, audits non annoncés ?
Le certificat ouvre un cycle d’audits dont le rythme dépend du grade obtenu et du programme d’audit choisi.
Le grade. L’organisme de certification attribue un grade calculé sur le nombre et le niveau des non-conformités. Les documents officiels de BRCGS citent des grades allant de AA à D, et un « + » est ajouté après un audit non annoncé (AA+ ou A+, par exemple).
La fréquence. Le prochain audit est dû douze mois plus tard, ou six mois selon le grade : BRCGS cite le cas des sites classés C ou D, audités tous les six mois.
Les audits non annoncés. Tout site certifié doit avoir au moins un audit non annoncé tous les trois ans. Pour un nouveau site, le premier intervient au cours de l’une des deux années qui suivent le premier audit. Dans les trois mois qui suivent chaque audit, l’organisme indique au site l’année de l’audit non annoncé, jamais sa date. Le site peut aussi entrer volontairement dans le programme non annoncé. Les options et les règles en vigueur fin 2026 sont détaillées dans notre article audit BRCGS non annoncé, mixte ou annoncé.
Les incidents. En cas d’incident significatif de sécurité, d’authenticité ou de légalité, rappel ou retrait compris, le site notifie l’organisme qui a émis son certificat dans les 3 jours ouvrés, puis lui fournit sous 21 jours calendaires de quoi évaluer l’effet sur la validité du certificat (clause 3.11.4).
L’échec. Si le nombre ou le niveau des non-conformités empêche la certification, le site corrige puis passe un nouvel audit complet, annoncé, au plus tôt 28 jours calendaires après le dernier audit, avec le même organisme sauf dérogation de BRCGS.
Après le certificat | Règle BRCGS | Source |
|---|---|---|
Prochain audit | 12 mois, ou 6 mois selon le grade (C ou D) | BRCGS079, BRCGS080 |
Audit non annoncé | Au moins un tous les trois ans ; année notifiée dans les trois mois suivant l’audit | F926, BRCGS079 |
Incident significatif | Notification sous 3 jours ouvrés, dossier sous 21 jours calendaires | Clause 3.11.4 |
Audit sans certification | Nouvel audit complet et annoncé, au plus tôt 28 jours après | BRCGS079 |
Changement d’organisme | Interdit dans les quatre mois avant le réaudit, sauf accord écrit de BRCGS | F926 |
BRCGS, IFS ou FSSC 22000 : le choix change-t-il la préparation ?
Peu, sur le fond. BRCGS Food Safety Issue 9, IFS Food version 8 et FSSC 22000 Version 7 reposent tous sur le HACCP, les programmes prérequis, la traçabilité, les allergènes, la fraude et la culture sécurité des aliments. Ce qui change, c’est l’architecture du référentiel, le protocole d’audit et la notation : exigences fondamentales et grades chez BRCGS. La question utile est donc : quel référentiel mon acheteur accepte-t-il, sous quel programme d’audit et pour quelle échéance ? Demandez la réponse par écrit. La comparaison détaillée figure dans notre guide du consultant BRCGS au Maroc, et notre cas type d’une première certification BRCGS montre ces règles appliquées à une usine marocaine.