Qu’est-ce qu’un GIAC, et sur quels textes repose-t-il ?

Un GIAC est une association à but non lucratif créée par des fédérations et associations professionnelles pour aider les entreprises de leur secteur à identifier leurs besoins en compétences et à construire leur plan de formation. Il rembourse une part des études correspondantes, sur des fonds de la formation continue gérés par l’OFPPT.

Le sigle a deux développements. Les manuels de l’OFPPT parlent de « groupements interprofessionnels d’aide au conseil » ; le texte français de la loi n° 60-17 relative à l’organisation de la formation continue parle de « groupements interprofessionnels à l’appui du conseil » (art. 32). Il s’agit des mêmes structures.

Le mécanisme est plus ancien que la loi. Selon le manuel des procédures des GIAC de mars 2003, les pouvoirs publics l’ont mis en place en 1996-1997 pour faire émerger la demande de formation en cours d’emploi des entreprises. Les GIAC ont été créés par les fédérations professionnelles ; ils s’adressent en priorité aux entreprises qui ont un projet de développement, notamment aux PME et PMI.

Les statuts-type annexés au manuel décrivent une organisation simple :

  • des membres de droit, les associations et fédérations fondatrices, et des membres adhérents, associations, fédérations et entreprises admises ensuite ;
  • un président élu, qui représente le GIAC et exécute les avis favorables ;
  • un comité consultatif des engagements (CCE), obligatoirement consulté sur la recevabilité et l’opportunité de chaque dossier ;
  • un directeur et une cellule d’assistance, qui instruisent les demandes, vérifient les dossiers de remboursement et identifient les expertises capables de définir les besoins en compétences des entreprises.

Côté OFPPT, une unité de gestion des GIAC instruit les conventions de financement et ordonnance les paiements aux GIAC.

Texte

Ce qu’il prévoit

Ce que l’entreprise doit en retenir

Loi n° 60-17, art. 7

Assimile à la formation continue les études de stratégie, les études d’ingénierie et l’élaboration des plans de formation

L’ingénierie est une opération de formation continue à part entière

Loi n° 60-17, art. 20

Confie ces actions aux associations créées par les organisations professionnelles

Le GIAC est l’interlocuteur de l’ingénierie, pas l’Unité de gestion des CSF

Loi n° 60-17, art. 21 et 22

Statuts-modèles et accréditation fixés par voie réglementaire ; conventions de financement avec l’OFPPT

Vérifier que le GIAC est accrédité et conventionné

Loi n° 60-17, art. 32

Maintient le manuel des conventions OFPPT–GIAC jusqu’à son remplacement

Le manuel de 2003 reste la référence tant qu’un nouveau manuel ne l’a pas remplacé

Manuel des GIAC, mars 2003

Actions finançables, taux, éligibilité, procédure, contrat-type

Base des règles décrites dans ce guide

Avenant n° 1, 2 juin 2014

Ingénierie sectorielle, organismes de conseil, tiers payant

En vigueur depuis le 1er juin 2014

Le manuel et son avenant figuraient parmi les documents proposés par l’OFPPT sur sa page « Entreprises privées », dans une capture d’avril 2026. Ils restent la référence en vigueur. Aucun site officiel de GIAC n’a été trouvé : les coordonnées du GIAC compétent s’obtiennent auprès de votre fédération professionnelle ou de l’OFPPT.

Que finance un GIAC, et que ne finance-t-il pas ?

Le GIAC rembourse une part de deux types d’études réalisées pour une entreprise adhérente : l’étude de stratégie de développement et l’ingénierie du plan de formation. Il ne finance pas les formations elles-mêmes, qui relèvent des contrats spéciaux de formation (CSF).

Le manuel de 2003 distingue trois familles d’actions finançables (point 4.1) :

  1. L’information et la sensibilisation à la formation en cours d’emploi, conduites par le GIAC lui-même auprès des organisations professionnelles, des chambres et des entreprises.
  2. Les études et le conseil au profit des entreprises, des groupements d’entreprises et des branches, pour déterminer la stratégie de développement à moyen terme, les moyens opérationnels nécessaires à sa réalisation et les besoins en compétences qui en découlent.
  3. L’ingénierie du plan de formation, qui comprend le diagnostic des besoins en formation et l’élaboration des plans qui en découlent.

Les deux dernières familles bénéficient aux entreprises, groupements d’entreprises et branches professionnelles adhérents. Le manuel ajoute une règle propre aux secteurs : pour une organisation professionnelle qui dispose d’un GIAC couvrant son secteur, les études d’ingénierie sectorielle ne peuvent être financées par la taxe de formation professionnelle qu’à travers ce GIAC. L’avenant n° 1 de 2014 fixe la procédure de ces études sectorielles, lancées après accord du comité de gestion, confiées à un bureau d’études choisi sur une liste restreinte approuvée par les GIAC et les associations concernés, et payées en tiers payant.

La règle de référence est une prise en charge de 70 % du coût hors taxes de l’ingénierie, dans la limite de 100 000 DH de remboursement, avec les taux majorés ci-dessous. Le manuel de 2003 la détaille ainsi (point 4.3.2) :

Action financée

Taux prévu par le manuel de 2003

Limite prévue

Études et conseil pour la définition d’une stratégie de développement

70 % du coût total hors taxes

Remboursement plafonné à 100 000 DH par entreprise, dans tous les cas

Ingénierie du plan de formation

70 % du coût total hors taxes

Remboursement plafonné à 100 000 DH par entreprise, dans tous les cas

Ingénierie consécutive à une étude de stratégie validée par le GIAC

Taux porté à 80 %

Remboursement plafonné à 100 000 DH par entreprise, dans tous les cas

Ingénierie sectorielle

Taux porté à 100 %

Procédure propre, avenant n° 1 de 2014

Ces taux, y compris le taux majoré de l’ingénierie consécutive à une étude de stratégie, et ce plafond restent en vigueur. Un taux n’est pas un montant : la prise en charge réelle dépend du coût retenu, du plafond et de la conformité du dossier.

Ce que le GIAC ne finance pas compte autant. Les actions de formation du plan relèvent des CSF, déposés auprès de l’Unité de gestion des CSF. L’audit de certification, les travaux, les investissements et les missions de transformation, comme un projet Lean ou une réorganisation, restent au budget de l’entreprise. Notre page diagnostic et transformation fait la part des choses volet par volet.

Diagnostic stratégique, analyse des besoins, plan de formation : quelle différence ?

Ce sont trois étages d’une même démarche. Le diagnostic stratégique dit où va l’entreprise et quelles compétences cela exige ; l’analyse des besoins mesure, poste par poste, l’écart avec les compétences présentes ; le plan de formation transforme ces écarts en actions datées et budgétées.

Le manuel CSF de mai 2006 donne deux définitions utiles. L’ingénierie de formation y est une « action d’identification des besoins en formation et d’élaboration des plans de formation, qui répondent à des besoins en compétences des entreprises ». Le plan de formation est un « ensemble d’actions de formation planifiées annuellement ». Ce que le manuel CSF appelle « étude de diagnostic stratégique » correspond, selon notre lecture, aux études et au conseil pour la définition d’une stratégie de développement du manuel des GIAC.

Étage

Question traitée

Livrable

Ce que le GIAC regarde

Diagnostic stratégique

Où va l’entreprise à moyen terme, avec quels moyens, quelles compétences ?

Rapport : orientations, moyens opérationnels, besoins en compétences

Le lien avec un projet de développement : export, investissement technologique, mise aux normes

Analyse des besoins

Quels écarts, sur quels postes, pour quelles populations ?

Cartographie des postes, compétences requises, écarts mesurés

Les recommandations nécessaires à la mise à niveau des compétences

Plan de formation

Quelles actions, pour qui, quand, à quel coût ?

Plan annuel : fiche récapitulative, fiches action et fiches organisme

La cohérence avec l’étude, et un format exploitable pour les dossiers CSF

Le diagnostic stratégique n’est pas obligatoire : le manuel CSF demande l’attestation de son approbation par le GIAC « si elle existe ». Il pèse pourtant à trois endroits des textes :

  • Le taux de l’ingénierie. Selon le manuel de 2003, l’ingénierie consécutive à une étude de stratégie validée par le GIAC bénéficie d’un taux majoré.
  • Le plafond CSF. Le manuel CSF prévoit, pour certaines tranches de TFP déclarée, un plafond de remboursement plus favorable lorsque l’entreprise dispose d’une étude de diagnostic stratégique approuvée. Demandez à l’OFPPT le barème applicable à votre exercice.
  • Le dossier technique. L’attestation d’approbation du diagnostic stratégique rejoint alors le dossier des actions planifiées.

Il y a aussi une raison de méthode. Une analyse des besoins sans stratégie produit une liste de souhaits tirée d’un catalogue. Prenons une PME de plasturgie de la région de Casablanca qui investit dans une ligne d’injection et vise de nouveaux clients à l’export : sans diagnostic stratégique, son plan reconduit les formations de l’année précédente ; avec lui, il cible les régleurs, les contrôleurs qualité et les chefs d’équipe que la nouvelle ligne rend critiques.

Comment l’ingénierie validée par le GIAC ouvre-t-elle le taux de la formation planifiée ?

Parce que le manuel CSF ne reconnaît comme planifiées que les actions inscrites dans un plan annuel « découlant nécessairement d’une étude d’ingénierie de formation ». Un plan issu d’une ingénierie non validée par le GIAC concerné est traité comme un ensemble d’actions non planifiées.

Le dossier technique d’une action planifiée réunit donc, avant le plan lui-même, trois pièces venues du GIAC ou de l’étude (manuel CSF, P 2.1) :

  • l’attestation d’approbation de l’étude du diagnostic stratégique par le GIAC, si elle existe ;
  • le rapport de l’action d’ingénierie ayant abouti au plan de formation ;
  • l’attestation d’approbation de l’ingénierie par le GIAC.

Ce dossier se dépose au plus tard le 30 juin de l’année N, règle maintenue par l’avenant n° 2 de 2014. L’ingénierie doit donc être approuvée avant cette date, et l’étude réalisée bien avant. L’attestation d’accès au système des CSF, que l’on peut demander à partir d’octobre de l’année qui précède l’exercice, vaut aussi pour les actions de diagnostic et d’ingénierie financées par les GIAC, qui y sont soumises (manuel CSF, P 1.0). La procédure et le délai de délivrance de l’attestation d’approbation de l’ingénierie sont à confirmer avec le GIAC compétent : prévoyez-les dans votre calendrier.

L’enjeu financier se lit sur les règles de référence des CSF (manuel de 2006 et avenant n° 2) : 70 % pour la formation planifiée réalisée par un organisme externe, 40 % pour la formation non planifiée. Les deux circuits restent séparés : selon la page CSF de l’OFPPT, les demandes de remboursement des actions d’ingénierie sont du ressort des GIAC concernés. La suite du parcours, du contrat CSF à l’ordre de virement, est décrite dans notre guide du remboursement OFPPT.

Quelles sont les étapes d’une ingénierie de formation financée par le GIAC ?

Huit étapes, dans un ordre qui ne s’inverse pas : l’accord du GIAC précède l’étude, et l’approbation de l’ingénierie précède les demandes de financement CSF des actions planifiées.

Étape

Ce qu’il faut produire

Règle et source

1. Vérifier l’éligibilité et l’adhésion

Attestation CNSS au titre de la TFP, adhésion au GIAC compétent

Manuel des GIAC, point 5.1 ; page « Entreprises privées »

2. Obtenir l’attestation d’accès aux CSF

Dossier administratif

Manuel CSF, P 1.0, à partir d’octobre N-1

3. Cadrer l’étude et choisir le prestataire

Proposition d’intervention : moyens, durée, coût

Convention-type, art. 9 et 12

4. Déposer la demande au GIAC

Fiche de renseignements, preuve de la TFP, projet de développement, objectifs et résultats attendus, proposition, coût prévisionnel

Convention-type, art. 12

5. Obtenir l’avis du CCE et signer le contrat

Contrat signé au plus tard 15 jours après l’avis favorable, exécutoire pendant un an au plus

Convention-type, art. 14 et 16

6. Réaliser l’étude

Information du GIAC 24 heures avant le début ; visite possible du GIAC

Contrat-type, art. V et VI

7. Payer le prestataire et demander le remboursement

Pièces comptables, rapport de l’étude, présentation sommaire des actions qui en découlent

Convention-type, art. 17

8. Déposer le dossier technique CSF

Attestations d’approbation, rapport d’ingénierie, plan de formation

Manuel CSF, P 2.1, avant le 30 juin N

Trois règles du manuel méritent d’être connues dès le départ. Le contrat retient le coût hors taxes de l’intervention estimé par l’entreprise : c’est ce montant que le GIAC prend en considération. Le remboursement n’intervient qu’après la réalisation de l’étude et le paiement intégral du prestataire ; la convention-type fixe à un mois au plus le délai entre la décision de recevabilité du dossier de remboursement et le versement. Enfin, l’avenant n° 1 encadre le tiers payant : le GIAC paie directement le cabinet, dans le cadre d’un contrat conclu entre l’entreprise, le cabinet et le GIAC, à condition que le cabinet soit un opérateur public de formation ou un organisme de conseil et de formation titulaire du label de qualification du département de la Formation professionnelle, en cours de validité.

La conduite de l’étude elle-même, de la cartographie des postes aux livrables remis au GIAC, fait l’objet de notre article analyse des besoins de formation : la méthode pas à pas. Demandez au GIAC compétent ses propres formulaires, comme la fiche de renseignements ou le modèle de rapport.

Comment choisir et piloter le prestataire de l’étude ?

Sur trois critères vérifiables : son indépendance vis-à-vis de l’entreprise, son éligibilité au regard des textes, et sa capacité à livrer un plan directement exploitable pour les dossiers CSF.

  • L’indépendance. Selon la convention-type (art. 9), le prestataire choisi par l’entreprise est une personne morale ou physique sans lien organique ou familial avec elle.
  • L’éligibilité. L’avenant n° 1 (point 4.2.3) vise les organismes privés de conseil et de formation assujettis à la TFP et dont les déclarations sont régulières, selon une condition qui dépend de leur date d’affiliation à la CNSS, ainsi que les organismes publics : universités, écoles d’ingénieurs, établissements de formation professionnelle. Il mentionne aussi l’entreprise elle-même, si elle dispose des compétences nécessaires ; comment cette possibilité s’articule avec la règle d’indépendance de la convention-type est à confirmer avec le GIAC compétent.
  • La suite du plan. Le manuel CSF de 2006 limitait à 25 % du montant global du plan la part que pouvait réaliser l’organisme auteur de l’étude d’ingénierie ; l’avenant n° 2 de 2014 a abrogé cette condition. Le même manuel range toutefois parmi les actions à contrôler en priorité celles d’un plan réalisé à plus de 30 % par un seul organisme (point 7.3). Un plan qui concentre les actions sur un prestataire n’est pas interdit, mais il se justifie.

Avant de signer avec un prestataire d’ingénierie

Peut-on solliciter le GIAC chaque année ?

Pas pour la même étude. La convention-type subordonne un second financement à un délai minimal et à la mise en œuvre de l’étude précédente (art. 10).

  • Une nouvelle étude de stratégie n’est financée que deux ans au moins après la précédente, et à condition que l’entreprise ait réalisé l’ingénierie qui devait la suivre et mis en œuvre le plan qui en découle.
  • Une nouvelle ingénierie n’est financée qu’un an au moins après la précédente, et à condition que le plan qui en découle ait été mis en œuvre.

La logique est claire : le GIAC finance des études qui se traduisent en formations. Une entreprise qui fait financer un diagnostic puis laisse le plan dans un tiroir se ferme la porte du financement suivant. À l’inverse, le bilan annuel de la formation, réalisé contre le plan, prépare la demande d’après. Avant de construire le plan suivant, confirmez avec le GIAC compétent et l’OFPPT pendant combien d’exercices une ingénierie approuvée fonde le caractère planifié des actions.

Ce qu’il faut vérifier avant de lancer l’étude de l’exercice 2027, texte par texte, est résumé dans notre article ingénierie de formation GIAC 2027 : ce qu’il faut vérifier ; la part du coût prise en charge, dans coût d’une étude d’ingénierie de formation et part du GIAC ; la démarche complète appliquée à un industriel, dans notre cas type d’une PME industrielle. La place du GIAC dans l’ensemble du dispositif, vue de la direction, est présentée dans notre guide des contrats spéciaux de formation pour DG et DRH.