Que décider avant d’annoncer l’audit au co-packer ?

La décision que l’audit doit permettre de prendre, et la base sur laquelle il sera mené. Un audit lancé « pour voir » rapporte des généralités ; un audit cadré rapporte une réponse. Les exigences que BRCGS, IFS et FSSC 22000 posent au propriétaire de la marque sont résumées dans notre guide de l’audit de seconde partie agroalimentaire ; ici, la mise en œuvre.

Élément à fixer

Question à trancher

Où l’écrire

Objectif

Première approbation, renouvellement, nouvelle référence, réclamation, préparation de l’audit de votre client ?

Note de cadrage

Décision attendue

Qui décide, et entre quelles options : maintenir, maintenir sous conditions, suspendre ?

Note de cadrage

Périmètre

Quelles références, quelles lignes, quelles adresses, quelles étapes ?

Plan d’audit

Critères

Contrat, spécification de service, recette, maquettes, exigences de votre client, référentiel du co-packer

Plan d’audit

Droit d’audit

Le contrat prévoit-il l’audit annoncé, l’audit pour cause, l’accès de l’auditeur de votre client ?

Contrat de fabrication

Confidentialité

Que verra l’auditeur des autres clients du co-packer, et qui recevra le rapport ?

Lettre de mission

Impartialité

L’auditeur a-t-il un lien avec le co-packer ?

Déclaration signée

Rassemblez aussi vos propres pièces avant d’écrire au co-packer : la spécification à jour, les maquettes approuvées, votre plan HACCP qui doit intégrer l’étape sous-traitée (BRCGS 3.5.4.3), les réclamations, les résultats de vos contrôles à réception ou au retour du produit et le dernier rapport d’audit du site.

Quel questionnaire envoyer au co-packer ?

Un questionnaire court, centré sur ce que le co-packer fait pour vous, renvoyé avec les pièces justificatives avant la revue documentaire. Il prépare l’audit ; il ne vaut pas approbation. Pour un procédé sous-traité, la grille BRCGS en français (3.5.4.2) et le référentiel IFS Food Version 8 (4.4.6) n’admettent que deux voies : un certificat reconnu par la GFSI qui couvre l’activité, ou un audit.

Le questionnaire couvre au minimum :

Quels documents revoir à distance avant la visite ?

Ceux qui permettent de choisir ce que l’on testera sur site. La revue documentaire ne juge pas le site : elle construit la liste des points à vérifier en production.

Commencez par le certificat. Vérifiez sa validité, sa version et son périmètre dans le BRCGS Directory, la base de données IFS ou le registre public FSSC. Le périmètre ne nommera pas votre marque ; il doit couvrir le procédé et l’adresse. Demandez ensuite le dernier rapport de certification et les actions qui en découlent.

Lisez enfin, pour votre produit : le plan HACCP du co-packer, son plan de gestion des allergènes, sa procédure de maîtrise des maquettes et des tirages, sa procédure de changement de série, ses enregistrements de libération et ses derniers résultats d’analyses. Chaque incohérence entre ces documents et votre spécification devient un point à tester.

Comment construire le programme de la journée sur site ?

En suivant le flux de votre produit, un jour où il est en production. Le plan d’audit est envoyé au co-packer à l’avance ; il fixe l’ordre de la journée, pas une durée standard, qui dépend du site et du périmètre. ISO 19011:2026, publiée en mai 2026 selon la page ISO du comité, donne les lignes directrices pour conduire un audit, y compris de seconde partie.

Séquence

Ce que l’auditeur fait

Pourquoi

Réunion d’ouverture

Rappelle l’objectif, le périmètre, les critères et la confidentialité

Aucun malentendu sur ce qui est audité

Réception et stockage

Vérifie les matières et emballages de votre produit, leur statut et leur identification

Bons lots, bonnes versions d’emballage

Changement de série

Observe le passage de la série d’un autre client à la vôtre

Le vide de ligne se voit, il ne se lit pas

Fabrication et conditionnement

Suit votre référence, poste par poste, avec les opérateurs

Recette, paramètres, contrôles en cours

Entretiens

Chef de ligne, qualité, magasin, maintenance

Ce qui se fait réellement

Revue des enregistrements

Lots récents de votre produit

Régularité dans le temps

Exercice de traçabilité

Un lot de votre produit, choisi le jour même

Lien produit fini, matières, emballages

Réunion de clôture

Présente les constats et leur gravité

Aucune surprise dans le rapport

Pour une étape sous-traitée qui revient chez vous, ajoutez deux arrêts : l’expédition vers le sous-traitant et le retour, avec l’identification, la protection et la température du produit pendant le transport.

Quelles vérifications propres à votre produit ?

Celles qu’aucun audit de certification ne fera à votre place, parce qu’elles portent sur votre contrat. FSSC 22000 Version 7 fournit plusieurs repères utiles, même si le co-packer détient un autre référentiel.

  • La recette : la version utilisée est celle de votre spécification, et toute modification a été approuvée par vous.
  • Les matières : les lots consommés viennent des fournisseurs approuvés ou imposés par le contrat.
  • L’étape critique : barème, température, temps ou dosage conformes, enregistrés et vérifiés.
  • La maquette et le tirage : la maquette en ligne est la dernière approuvée, chaque tirage a été validé contre la référence et les versions obsolètes sont détruites (FSSC 22000 v7, 2.5.2 d).
  • Le changement de série : étiquettes et emballages de la série précédente retirés de la ligne (2.5.9 c).
  • Les allergènes : risque de contamination croisée évalué avec les produits des autres clients et, quand des profils allergènes différents partagent une zone, tests de vérification à une fréquence fondée sur le risque (2.5.6 d) ; un étiquetage de précaution n’est justifié que par l’évaluation du risque (2.5.6 e).
  • La quantité : poids ou volume contrôlés, équipements étalonnés (2.5.9 b).
  • L’allégation : pour une origine ou une absence d’allergène, preuves de validation, traçabilité et bilan matière (2.5.2 c).
  • Le retour : pour une étape sous-traitée, inspections et analyses du produit à son retour, à une fréquence fondée sur le risque (BRCGS 3.5.4.6).

Comment rédiger le rapport et suivre les actions ?

Comme un document que d’autres auditeurs liront. BRCGS demande au site certifié qui s’appuie sur un audit de seconde partie de pouvoir démontrer la compétence de l’auditeur, confirmer que l’étendue couvre la sécurité des produits, la traçabilité, l’examen HACCP, la protection de la chaîne alimentaire, l’authenticité et les bonnes pratiques de fabrication, et obtenir une copie du rapport complet (3.5.4.2).

Chaque constat cite l’exigence ou la clause du contrat, la preuve observée et sa gravité selon la grille convenue. La conclusion répond à la question du cadrage. Le suivi s’adapte à la preuve : documentaire, elle se vérifie à distance ; s’il s’agit d’une pratique, comme un vide de ligne, seule une nouvelle visite la vérifie. Le résultat alimente votre revue des sous-traitants, au moins annuelle en IFS Food (4.4.7).

Trois erreurs font échouer la plupart de ces audits : venir un jour où votre référence ne tourne pas, auditer le système du co-packer au lieu de votre produit, et clôturer un écart sur une promesse plutôt que sur une preuve datée.

La checklist finale, à garder pour chaque audit :

Pour un exemple appliqué à deux sous-traitants, lisez notre cas type d’une biscuiterie marocaine.