Quel est le point de départ de ce cas type ?

Un groupe agroalimentaire dont les clients demandent des preuves sur ses fournisseurs. Ce cas est un cas type composite : il assemble des situations rencontrées dans nos missions de formation et d’audit fournisseurs. Le groupe, ses sites, ses fournisseurs et ses clients sont fictifs, et le cas ne contient aucun montant.

Le groupe compte trois sites : une biscuiterie dans la région de Casablanca, une confiserie à Kénitra et une unité de conditionnement de fruits secs dans le Souss. Deux sites sont certifiés FSSC 22000 et préparent leur mise à niveau vers la Version 7 ; le troisième prépare sa certification. Les achats portent sur des farines, des sucres, des matières grasses, des fruits secs, des arômes, des films et des cartons, et sur des services : nettoyage, lutte contre les nuisibles, transport frigorifique.

Jusqu’ici, l’agrément des fournisseurs reposait sur un questionnaire, une copie de certificat et, pour les fournisseurs marocains, la preuve de leur agrément ou de leur autorisation sanitaire par l’ONSSA. Un client britannique et un distributeur européen ont demandé davantage : un programme d’évaluation fondé sur les risques, avec des audits sur site des fournisseurs sensibles. Le groupe a décidé de mener lui-même l’essentiel de ces audits et d’en confier la direction à sa responsable QHSE, ingénieure agroalimentaire et auditrice interne depuis plusieurs années.

Pourquoi un cours Lead Auditor plutôt qu’une formation d’auditeur interne ?

Parce que diriger un audit chez un fournisseur n’est pas auditer son propre système. La relation est contractuelle, l’audité est une autre entreprise, et un constat peut conduire à suspendre une référence. La responsable QHSE savait auditer ; il lui fallait apprendre à diriger un audit et une équipe hors de chez elle.

Besoin du groupe

Ce que donnait sa formation d’auditrice interne

Ce qu’a apporté le cours Lead Auditor

Préparer un audit chez un tiers

Un plan d’audit pour un processus interne

Objectifs, champ et critères négociés avec l’audité ; plan envoyé à l’avance

Diriger une petite équipe

Audits menés seule ou en binôme

Répartition des rôles, dont celui d’un expert technique, et conduite des réunions

Rédiger des constats opposables

Écarts compris en interne

Constats fondés sur l’exigence, le fait et la preuve, défendables face au fournisseur

Conclure et suivre

Suivi des actions internes

Conclusion d’audit, décision d’agrément proposée, vérification de l’efficacité des actions

Le choix de la norme a suivi les risques. Les fournisseurs les plus sensibles livraient des ingrédients et des emballages au contact : elle a donc choisi un cours Lead Auditor sécurité des aliments (FSMS), fondé sur ISO 22000:2018. Pour les prestataires de services, la même méthode d’audit s’applique, avec des critères tirés des cahiers des charges du groupe.

Avant l’inscription, elle a vérifié trois points : la référence du cours certifié sur le site du CQI, la langue de l’examen et ce que comprenait le prix. Notre guide de la formation IRCA Lead Auditor au Maroc détaille ces vérifications.

Comment s’est-elle préparée, et comment le cours a-t-il été financé ?

Par quatre semaines de préparation et une inscription anticipée au plan de formation. Elle a d’abord relu ISO 22000:2018 article par article, puis ISO 19011:2026, quatrième édition publiée en mai 2026 selon la fiche de l’ISO, qui s’adresse aussi aux audits de seconde partie. Elle a ensuite audité un processus de son propre site avec une grille, rédigé cinq constats et les a fait relire. La méthode est décrite dans notre article sur la préparation du cours et de l’examen.

Côté financement, la direction des ressources humaines a inscrit le cours au plan de formation de l’exercice avant la session. Il pouvait ainsi être présenté aux contrats spéciaux de formation de l’OFPPT au titre de la formation planifiée réalisée par un organisme externe : 70 % selon la règle de référence, contre 40 % pour une formation non planifiée, dans la limite d’un plafond calculé sur la TFP déclarée du groupe, selon le manuel de procédures des CSF de mai 2006 et son avenant n° 2 du 2 juin 2014. Ce calcul restait indicatif, avant plafonnement, sans valeur d’engagement. Les autres postes du budget sont détaillés dans notre article sur le coût d’une formation Lead Auditor.

Seule participante de son entreprise, elle a suivi une session inter-entreprises. Après le cours, elle a ouvert un journal d’audits et prévu de demander son inscription au registre IRCA une fois son expérience d’audit suffisante.

Comment le programme d’audits fournisseurs a-t-il été construit ?

En partant des risques, famille par famille, plutôt que de la liste des fournisseurs. Le programme distingue ce qui justifie un audit sur site de ce qu’une évaluation documentaire suffit à couvrir, et il est revu chaque année.

Famille de fournisseurs

Risque principal

Mode d’évaluation retenu

Fruits secs, matières grasses

Allergènes, contaminants, fraude

Audit sur site avant agrément, puis selon les résultats

Farines, sucres

Corps étrangers, contaminants

Certificat GFSI en cours de validité et questionnaire ; audit en cas d’incident

Films et cartons au contact

Migration, corps étrangers, hygiène

Audit sur site si le fournisseur n’est pas certifié selon un référentiel d’emballage

Arômes

Allergènes, conformité réglementaire

Revue documentaire approfondie ; audit si le fournisseur est nouveau

Nettoyage, nuisibles, transport frigorifique

Pratiques sur les sites du groupe

Revue documentaire à distance, puis visite d’une intervention

Trois règles ont été fixées dès le départ :

  1. L’équipe d’audit est impartiale. La responsable QHSE dirige l’audit ; un technicien de la recherche et développement intervient comme expert technique ; l’acheteur assiste aux réunions d’ouverture et de clôture comme observateur, sans participer aux constats.
  2. Les critères sont écrits avant l’audit. Cahier des charges du groupe, exigences des clients concernés, réglementation applicable : le fournisseur les reçoit avec le plan d’audit.
  3. La documentation se revoit avant la visite. Une partie de la revue documentaire se fait à distance, pour consacrer le temps sur site aux ateliers, aux stocks et aux entretiens.

Pour les fournisseurs d’emballages, qu’elle connaissait moins, les deux premiers audits ont été menés avec un auditeur externe expérimenté. C’est aussi ainsi qu’elle a commencé à alimenter son journal d’audits en binôme.

Quels résultats, et quelles difficultés, la première année ?

Des fournisseurs mieux connus, des constats concrets, et une charge de travail sous-estimée. Les audits ont surtout relevé des cahiers des charges non mis à jour, des tests de traçabilité trop lents, une gestion des allergènes fragile sur des lignes partagées et des enregistrements de lutte contre les nuisibles incomplets.

Deux difficultés ont marqué l’année. La première tient à la réception des constats : certains fournisseurs, habitués à des audits de certification, contestaient des écarts relevés contre le cahier des charges du groupe. La rédaction rigoureuse apprise pendant le cours, exigence, constat, preuve, a réglé la plupart des débats. La seconde tient au temps : préparation, déplacements, rapport et suivi des actions ont pris bien plus de journées que prévu, au détriment des audits internes des sites.

Le groupe en a tiré deux décisions : former un second Lead Auditor, inscrit au plan de formation suivant, et confier à un prestataire externe les audits des fournisseurs éloignés, en Europe et en Afrique de l’Ouest. Notre guide de l’audit fournisseur au Maroc présente ce que les acheteurs européens attendent de ces audits.

Ce qu’un groupe marocain peut reprendre de ce cas :